Sicht vom Hochblauen

Evelyn Hecht-Galinski

A l`ouest, rien de nouveau on se moque du droit international! Evelyn Hecht-Galinski Traduction Christiane Reynaud

 

A l’Ouest, rien de nouveau – on se moque du droit international !

 

Evelyn Hecht-Galinski

Commentaire du 18 avril 2018

Texte original : http://sicht-vom-hochblauen.de/im-westen-nichts-neues-oder-die-verhoehnung-des-voelkerrechts-von-evelyn-hecht-galinski/

Traduction : Christiane Reynaud

 

La Journée de la Nakba, ce jour du souvenir de la catastrophe qui a frappé le peuple palestinien et la Palestine il y a 70 ans, s’approche à grands pas. En cette journée de deuil, on fête dans « l’État juif » le jour de l’indépendance et la fondation de l’État. Ainsi, on fête la fondation d’un État qui a construit son existence uniquement sur l’expulsion du peuple palestinien, sur des guerres et sur des violations du droit international et des droits de l’homme. Son seul but est la judaïsation de la Palestine qu’il veut imposer comme raison d’État. Grâce à « l’alliance occidentale des valeurs », »l’État juif » se rapproche de plus en plus de ce but.

Justifier un nouveau tort avec un ancien tort?

Depuis 70 ans « l’État juif » ne tient compte d’aucune règle éthique ni du droit international, aidé pour cela par la communauté internationale et la responsabilité « particulière » de l’Allemagne, et il mène avec succès une politique perfide en instrumentalisant la Shoah. Ainsi, Israël s’arroge pour toujours le droit de justifier un nouveau tort par un tort commis autrefois.

Il est particulièrement révoltant que l’État qui dispose d’armes de destruction massive en quantité inimaginable, d’un arsenal d’armes chimiques, biologiques et inconnues, se vante de les utiliser avec le même rituel de menace – il y va de sa « propre » sécurité – et l’a même déjà prouvé plusieurs fois. Nous n’avons pas oublié la guerre du Liban en 2006 et l’attaque de Gaza où Israël a utilisé des bombes DIME (Dense Inert Metal Explosive) contre le Hezbollah ; leur effet effroyable ressemble à celui des bombes au phosphore. Il y a toujours deux poids deux mesures quand il s’agit de « l’État juif ». En ce moment, le régime de Netanyahou est soutenu de façon démesurée par notre nouveau ministre des Affaires Étrangères « d’Auschwitz » qui veut prouver sa judéophilie, mais aux dépens des Palestiniens.

Le régime israélien a également utilisé des grenades au phosphore lors de « l’opération Plomb durci » à Gaza. Elles ont été lancées sur une école de l’UNO dans le camp de réfugiés Al-Shati. Plusieurs tonnes de denrées alimentaires et de médicaments ont été ainsi détruites. Il y a eu de nombreux morts et de blessés, surtout beaucoup de civils blessés qui ont été brûlés par cette substance hautement toxique Les victimes qui ont été touchées par ces bombes ont souffert de douleurs atroces.

Les nouvelles armes biochimiques d’Israël

Lors des attaques de l’opération « Bordure protectrice » à Gaza en été 2014, plus de 2.100 Palestiniens ont été assassinés, à nouveau surtout des civils, des femmes et des enfants. Les médecins avaient alors parlé de cadavres exceptionnellement « gonflés » qui signalaient que de toutes nouvelles armes biochimiques ont été testées là-bas, dans ce « laboratoire de Gaza » sur des vivants. Après ce test, les armes ont eu un gros succès aux salons de vente d’armes israéliens. Nous devions fortement nous inquiéter que, grâce aussi à notre aide active et à la livraison de sous-marins qui peuvent être équipés d’ogives nucléaires, N’IMPORTE QUELLE capitale européenne peut être atteinte –si cela est souhaité -. Quelles belles perspectives !

Quelle différence y a-t-il entre les bombes au phosphore des Etats-Unis et d’Israël et les armes chimiques ? Les Etats-Unis les ont utilisées dans la sale guerre en Iraq, ils ont utilisé l’agent orange dans la guerre due Vietnam et n’ont jamais fait de sentiment quand il s’agissait de défendre leurs intérêts meurtriers – tout comme le régime sioniste, « l’unique » démocratie au Proche-Orient avec la « plus morale » de toutes les « armées de défense », jusqu’à présent un des régimes d’occupation qui agissent avec le moins de scrupules, qui a utilisé ces armes et a justifié l’emploi du phosphore avec une perversité sans pareille. Le phosphore serait un « produit incendiaire naturel et une arme conventionnelle ». Bien sûr, ni les États-Unis ni Israël n’ont signé les protocoles additionnels de Genève de 1997 à la Convention de Genève de 1949 qui interdisent diverses formes d’attaques. Donc, ces deux alliés „hypocrites“ n’ont pas été poursuivis jusqu’à présent pour avoir utilisé des bombes au phosphore ou des armes de destruction massive similaires.

Quand il est question de « l’État juif », « la communauté occidentale de valeurs » néglige toujours de mentionner de quel arsenal dangereux d’armes nucléaires et chimiques il dispose. Israël refuse toujours tout contrôle en se servant du prétexte de « violation de la souveraineté d’Israël ».De cette manière on sape l’ordre fondamental de l’égalité de traitement quand il s’agit de « l’État juif » depuis sa fondation et, avec l’aide active des Etats-Unis et de l’Allemagne, on l’arme encore davantage.

« L’Etat juif » refuse toujours de signer des accords qui rendraient ces armes publiques, sous prétexte de la menace que représentent les États voisins et de la soi-disant menace d’un Holocauste contre Israël de la part de l’Iran.

La propagande mensongère d’Israël

Avec cette fausse propagande, la situation de menace est sans cesse exagérée pour légitimer chaque initiative unilatérale et chaque violation de la souveraineté d’autres États et ainsi de fouler aux pieds le droit international et de se ficher des droits de l’homme

Si, comme de juste, le régime de Netanyahou estime que les lignes rouges ont été dépassées par le recours non prouvé au gaz toxique à Douma, là son culot est imbattable. Après tout, ce régime ne connaît aucune ligne rouge mais un besoin illimité d’expansion qui a atteint son apogée avec le bombardement d’un poste utilisé par les Iraniens en Syrie. D’après l’Iran, une autre attaque aérienne a été menée le 14 avril sur une base iranienne au mont Azzan, au sud d’Alep. Entre-temps, on parle d’une fausse alerte. En réalité, il y a eu auparavant plus de 100 violations de l’espace aérien et d’attaques aériennes. Donc, quand Netanyahou parle d’Assad et de la Syrie, il ne veut en réalité que frapper l’Iran et ne craint pas une confrontation ouverte.

« L’État juif » qui se sent si sûr que rien ne peut lui faire obstacle qui puisse vraiment représenter un danger pour lui, peut, avec cette certitude, compter entièrement sur sa puissance militaire et son agressivité pour ainsi assurer à jamais sa domination sur la région ainsi que l’occupation.

Le régime de Netanyahou peut entre-temps compter en plus sur ses « amis saoudiens », le roi Salmane qui, lors du « Sommet de Jérusalem » à Dhahran en Arabie saoudite avait certes critiqué la décision de Washington de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, car Jérusalem-Est est « partie intégrante des territoires palestiniens ». L’Arabie Saoudite veut faire don de 150 millions de dollars américains pour « l’administration des biens musulmans à Jérusalem » ainsi qu’à l’UNRWA, l’Office de secours et de travaux des Nations-Unies pour les réfugiés de Palestine mais a opportunément oublié Gaza, sa famine et sa misère.

Salmane a aussi évoqué le sujet Syrie et les attaques aériennes (contraires au droit international) des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne mais n’a pas dit un mot sur le fait que les Saoudiens ont auparavant considérablement armé divers ennemis d’Assad. Mais, que pouvons-nous attendre d’un royaume qui a actuellement causé une des pires guerres, des génocides et une catastrophe humanitaire au Yémen sans être poursuivi. Au contraire, Salmane a approuvé la déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant les attaques des rebelles yéménites sur des villes saoudiennes avec des roquettes de « production iranienne ». Que dire de plus ?

Au Yémen, nous avons affaire à une guerre par procuration entre les puissances régionales rivales et ennemies, l’Arabie Saoudite et l’Iran. Cette terrible guerre est exactement dans l’esprit de « l’État juif » et fait son jeu.

C’est NOUS qui décidons qui est un État voyou ou terroriste

Netanyahou a aussi été l’un des premiers dirigeants de régime à approuver l’attaque de la « communauté occidentale de valeurs » contre la Syrie, contrairement au droit international . De cette façon, le régime de Netanyahou a surtout établi des priorités, à savoir couper les ambitions nucléaires des États et des organisations « terroristes » qui déstabilisent le Moyen-Orient. Cette menace s’adresse très clairement à l’Iran, au Hezbollah et au Hamas, tout à fait selon la devise : C’est NOUS qui décidons qui est « État voyou ou terroriste ». Mais c’est justement d’Israël que provient la déstabilisation : il a clairement intérêt à favoriser la déstabilisation par la guerre. Rien ne sert plus les occupants juifs pour assurer l’occupation éternelle de la Palestine, y compris le plateau du Golan. Sinon, pourquoi le régime de Netanyahou aurait-il apporté une aide financière et médicale massive à des djihadistes comme le Front al-Nosra ? Tout pour renverser Assad. Israël essaie encore une fois de travailler avec le scénario de menace et d’exprimer son inquiétude au sujet des activités de la Russie, de la Turquie et de l’Iran en mettant en garde contre des attaques du Hezbollah contre Israël (130.00 ?) et attisant ainsi le conflit avec la Syrie. Des experts militaires israéliens recommandent maintenant une « frappe préventive » contre la Syrie pour empêcher la présence de l’Iran. La guerre entre Israël et l’Iran est imminente. Le risque croît aussi que « l’État juif «  et la Russie « se marchent mutuellement sur les pieds ». Israël n’a certes aucun intérêt à une confrontation avec la Russie mais le régime de Netanyahou agira toujours en accord avec ses propres « intérêts sécuritaires et hégémoniques ». Il agira donc toujours sans se soucier de la « casse ».

Cela était tout à fait conforme à la politique occidentale, comme le montrent des documents des services secrets et des courriels maintenant divulgués de décideurs politiques : Assad était une épine dans le pied de l’Occident bien avant le début de la guerre en 2011. Des forces occidentales ont essayé de façon ciblée de le renverser, comme l’a écrit si clairement Michael Lüders dans son nouveau livre « Die den Sturm ernten – Wie der Westen Syrien ins Chaos stürzte » (Ceux qui récoltent la tempête – Comment l’Occident a plongé la Syrie dans le chaos). J’avais d’ailleurs déjà particulièrement recommandé ce livre sur mon site „Sicht vom Hochblauen“

Naturellement, le ministre des Affaires Étrangères Maas s’est senti obligé de s’exhiber lors de la rencontre des ministres des Affaires Étrangère de l’UE en excluant une solution avec Assad en Syrie, car bien sûr, quelqu’un qui utilise des armes chimiques ne peut pas faire partie de la solution. C’est étrange, ces accusations ne sont pas prouvées et il n’accuse jamais ses amis juifs qui eux n’ont aucun scrupule à utiliser des armes chimiques ! Sa position par rapport à la Russie ne contribue pas non plus à apaiser la tension : au contraire, le « suiviste » Maas veut encore augmenter la pression sur la Russie !

Tout cela laisse prévoir une guerre provoquée par Israël contre la Syrie d’Assad, contre le Liban et contre l’Iran, ce qui devrait beaucoup nous inquiéter car nous en subirons tous les conséquences, d’autant plus que ces attaques seraient aussi bien dans l’esprit de l’alliance occidentale que dans celui de l’Arabie Saoudite et de quelques États arabes.

Attaque fondée sur des accusations plus que douteuses

L’attaque des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France représente clairement une violation du droit international, ce qui est particulièrement criminel. En effet, l’interdiction de la violence dans la Charte des Nations Unies proscrit toute intervention militaire dans d’autres États, d’autant plus que la justification, à savoir la raison de « l’autodéfense » dont on a abusé, n’est pas valable. Ni les Etats-Unis, ni la France, ni la Grande-Bretagne n’ont été attaqués. L’attaque a été menée à la suite d’accusations plus que douteuses venant de groupes encore plus douteux (les Casques blancs !). Ces accusations ont servi de prétexte à cette alliance pour lancer l’attaque. Une fois de plus, des « soi-disant » preuves sans faits connus ont été divulguées comme une vérité irréfutable.

Dans ce contexte les déclarations du président français Macron ont été aussi particulièrement révoltantes : il a divulgué encore plus de fausses nouvelles et a affirmé que la Turquie qui aurait pris ses distances par rapport à la Russie, aurait soutenu les raids aériens sur la Syrie. Ces affirmations ont été immédiatement récusées. Le vice-président turc Bozdağ a tout de suite pris ses distances par rapport à l’affirmation de Macron.

Il est évident que la Première Ministre May – sans consulter le Parlement ( !) -, le Français Macron et le président américain font tout pour détourner l’attention de leurs propres problèmes internes, de même d’ailleurs que Netanyahou. Qui parle encore de ses affaires de corruption, du massacre en cours de Gaza, de la « Marche du retour » ou de l’expulsion des réfugiés ? Cette « alliance judéo-chrétienne a ainsi fait d’une pierre deux Coups.

La façon dont le gouvernement allemand a qualifié la frappe contraire au droit international « d’appropriée » et que Merkel, tout comme Maas, ont applaudi, est une honte. La Chancelière Merkel s’est, cette fois, appuyée sur l’opinion publique allemande et a refusé une participation que la majorité des Allemands ne voulaient pas et qui ne serait pas possible sans un mandat du Parlement fédéral. Mais cela ne doit pas nous faire oublier que nous participons quand même à ces guerres sales avec nos avions Awacs qui espionnent les buts meurtriers que nos « partenaires » prennent ensuite pour cibles. On a retrouvé exactement ce comportement dans la déclaration du ministre fédéral de l’Économie Altmeier au journal Bild de Springer : il a dit que « même si nous n’effectuons pas les frappes aériennes nous-mêmes, cela ne veut pas dire que nous nous tenons à l’écart ». Cela devrait rassurer le directeur du studio de la capitale  du Deutschlandfunk, Theo Geers, qui avait rédigé un commentaire – « Deutschland hat sich zu klein gemacht » (L’Allemagne s’est fait trop petite) – où il critique le gouvernement fédéral de ne pas avoir participé aux raids sur la Syrie et n’a pas oublié non plus de rappeler que l’Allemagne avait une responsabilité « particulière » envers Israel.

Si Trump veut retirer les troupes américaines de Syrie après l’attaque, mais attend des alliés « régionaux » et des partenaires qu’ils assument une plus grande responsabilité sur le plan militaire comme sur le plan financier, nous pouvons déjà imaginer ce qui nous attend : des augmentations d’impôts pour le budget d’armement et les guerres.

Presque simultanément après les raids aériens, l’ambassadrice américaine aux Nations-Unies, Nikki Haley, annonça de nouvelles sanctions économiques contre la Russie que l’ancien investisseur et actuel ministre des Finances américain Mnuchin voulait encore rendre publiques lundi. Mais, mardi, Trump changea à nouveau d’avis et les repoussa à une date indéterminée.

Méthodes criminelles de Far West

Après la frappe, une équipe d’enquêteurs « indépendants de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimique (OIAC) doit maintenant enquêter en Syrie si une attaque chimique a (vraiment ?) eu lieu. Ce sont vraiment des méthodes criminelles de « Far West » d’attaquer d’abord avec des roquettes et de faire des enquêtes après, puisque l’alliance de guerre avait soi-disant des preuves « concluantes » !

Il ne nous reste plus qu’à condamner et à protester contre cette agression contraire au droit international, cet acte criminel des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France contre la Syrie, en violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la république arabe de Syrie. Cette frappe a encore aggravé la situation déjà précaire du peuple syrien. Une triste conséquence sera une augmentation du nombre de réfugiés et une nouvelle détérioration des bonnes relations dont nous avons tant besoin avec notre voisine, la Russie.

Il ne me reste, pour conclure, que la constatation : A l’Ouest, rien de nouveau – on se moque du droit international !

 

 

 

 

 

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