Sicht vom Hochblauen

Evelyn Hecht-Galinski

Antisemitisme-reproche abusif par la culture dominante „judeo christienne“ par Evelyn Hecht-Galinski Traduktion par Christiane Reynaud

Antisémitisme – reproche abusif par la culture dominante « judéo-chrétienne » !
Evelyn Hecht-Galinski
Traduction par Christiane Reynaud

Précisément au jour anniversaire de la Shoah, quand un pays marque un temps d’arrêt, quand les sirènes hurlent et qu’au mémorial national de Yad Vashem les politiciens allemands et autrichiens commémorent emblématiquement l’assassinat de millions de Juifs, une chose ne s’arrête pas : l’occupation juive illégale de la Palestine. Elle continue inlassablement. Ne serait-ce pas justement la Shoah, ce crime jusqu’à présent inimaginable, qui devrait nous exhorter à ne jamais plus marginaliser un autre peuple, l’expulser et procéder à une épuration ethnique ? Loin de là, ces crimes continuent à être commis ouvertement. Certes, sous une nouvelle forme mais dans le même esprit. Un peuple ou une communauté religieuse est marginalisé.

Et il y a à nouveau un ennemi tout désigné : l’Islam et le Musulman ! Poutine est un peu passé à l’arrière-plan. Lorsque le nouveau spectre Erdogan est apparu sur la scène internationale tout était joué : les médias allemands ont pris Erdogan pour cible, sa réforme « dictatoriale » de la Constitution, la prolongation de l’état d’urgence et, n’oublions pas, la discussion sur la peine de mort ! Entre-temps, Trump n’est plus vraiment l’ennemi numéro un depuis qu’il a décrété les bombardements de la Syrie: cela l’a rendu « apte à gouverner » aux yeux occidentaux de l’OTAN.

Y a-t-il vraiment une différence entre la peine de mort pratiquée depuis de décennies aux États-Unis, en partie exécutée avec des « injections létales allemandes », et celle pratiquée en Arabie Saoudite, en Iran, en Chine et bientôt en Turquie ? Ne devrait-on pas toutes les juger comme des reliques antidémocratiques des époques dictatoriales ? Alors que « l’État juif » élude le problème en exécutant ses arrêts de mort directement sans passer par la justice, les membres de l’OTAN et leurs alliés de « l’alliance anti-terreur » appliquent la peine de mort sans susciter de critiques.

Je ne peux pas assez souligner pourquoi je démontre inlassablement que « l’État Juif » cherche constamment à traiter toute critique d’Israël d’antisémite ou de judéophobe, bien qu’aucun critique d’Israël n’impute aux Juifs les crimes contraires au droit international et contre l’humanité de l’expulsion et de l’occupation illégale! C’est déjà pour cette raison que l’impertinente et totalement antidémocratique exigence de reconnaître Israël en tant qu’ »État Juif » est infâme, particulièrement vis-à-vis des Palestiniens.

Lundi 24 avril, Aydan Özoguz, la politicienne fédérale social-démocrate chargée de l’intégration, s’est comportée comme une porte-parole du Conseil Central des Juifs. Tout comme déjà Josef Schuster, le Président du Conseil Central, elle veut lutter « de façon plus ciblée contre l’antisémitisme des réfugiés musulmans ». Est-ce que Mme Özoguz a réfléchi quels dégâts ce jugement sommaire, et faux par-dessus le marché, peut causer ?

Cette tentative d’intégration est complètement déplacée. Va-t-on peut-être bientôt conseiller aux réfugiés musulmans de porter, avant d’arriver en Allemagne, de grands panneaux « Nous aimons Israël » ou même d’avoir sur soi l’affiche hypocrite du parti Alternative pour l’Allemagne avec laquelle ils se déclarent « aux côtés de la communauté juive » ?

Pourquoi les réfugiés musulmans qui viennent d’échapper à l’horreur de la guerre et de la destruction doivent-ils être confrontés avec la Shoah contre les Juifs et forcés à visiter des camps de concentration ? Peut-on exiger que les réfugiés musulmans n’associent leur ressentiment contre « l’État Juif » aux « Juifs » ? Ce sont bien des citoyens juifs qui pratiquent depuis plus de 68 ans un nettoyage ethnique ciblé et que la raison d’État sioniste n’a qu’un but : la judaïsation de toute la Palestine ?

Ne serait-ce pas enfin temps d’éclairer les écoliers allemands sur les crimes de la Nakba, la catastrophe pour le peuple palestinien, et les crimes de l’épuration ethnique de la Palestine par les conquérants sionistes ? Pourquoi a-t-on le droit de renier la Nakba en toute impunité alors que le déni de la Shoah est à juste titre condamné ? Mais, c’est bien connu, les sionistes ne craignent rien de plus que la vérité ! Malheureusement ils sont soutenus par des aides philosémites obéissants qui ont réussi à s’emparer du pouvoir des médias et de la souveraineté d’interprétation du « régime linguistique ».

Derrière tout cela se cache une stratégie élaborée de Hasbara, une campagne de propagande menée scientifiquement qui réussit toujours à reléguer à l’arrière-plan l’occupation illégale de la Palestine, le génocide de Gaza, la discussion sur une Palestine libre et les bombardements très meurtriers de positions syriennes

Précisément ce même lundi, des articles ont été sciemment lancés dans les principaux médias avec comme idée maîtresse « Les Juifs craignent de plus en plus pour leur sécurité ». Ah que ça doit être dur de vivre dans le pays des coupables, avec tant d’expériences antisémites ! C’est drôle que la réalité est toute autre : de plus en plus d’Israéliens juifs émigrent en direction de l’Allemagne et de Berlin. Dans leurs comptes-rendus on trouve des descriptions toutes différentes, ils apprécient pleinement leur vie à Berlin.

Cette déclaration est un puissant tsunami qui a pour but de frapper tous les militants du BDS et le mouvement de Boycott avec le grief éprouvé – mais totalement infondé – d’antisémitisme. Le régime de Nétanyahou a remarqué depuis longtemps que la campagne BDS était très efficace dans la lutte pacifique pour une Palestine libre et il tire dans tous les azimuts contre ce mouvement.

Qui soutient donc cette fausse propagande d’antisémitisme? Les sayanim et les lobbyistes intéressés pro-israéliens philosémites qui tentent tout pour représenter « l’État Juif » comme « Terre sainte » et tous les Juifs comme des »Saints » à qui la Palestine appartenait depuis toujours et qui donc avaient le droit d’en expulser la population autochtone avec la bénédiction de Dieu. La Bible comme cadastre, ça c’est vraiment une fake-new.

Alors que des centaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue pour la liberté de la science à l’occasion d’une « Marche pour les sciences », des universités allemandes, européennes et états-uniennes ont exclu des scientifiques critiques au sujet « d’Israël » et ceux-ci n’ont, par contre, eu droit à aucun soutien de la part de ces manifestants !

Alors que le rapport sur l’antisémitisme du « Comité indépendant d’experts de l’antisémitisme » de la République fédérale et le rapport sur l’antisémitisme de l’université de Tel Aviv ont créé des remous dans les médias, on n’a pratiquement pas pris note par contre
de la lettre des professeurs de l’université de Jérusalem, entre autres Moshe Zimmermann et Avraham Burg, au sujet de l’annulation d’un congrès à l’académie protestante de Tutzing et encore moins pris soin de publier cette lettre. C’est pourtant lamentable que, 72 ans après la libération du fascisme, on interdise à nouveau à des professeurs juifs de parler en public en Allemagne.

Déjà, on réclame un « délégué pour les questions d’antisémitisme ». Qui donc est tout trouvé pour cette fonction ? Entre Volker Beck et Henryk M. Broder, en passant par Anetta Kahane, « l’informatrice de la Stasi Victoria«, il y aurait assez de candidats pour ce poste inutile. Les « experts » de cette commission pourraient alors fouiner à la recherche d’antisémites dans les associations musulmanes, les communautés de culte musulman, parmi les imams et les réfugiés. C’est vraiment une ambiance inquiétante qui se répand en Allemagne et qui empoisonne le climat social. En cette période de « culture dominante judéo-chrétienne » on voudrait marginaliser l’Islam et déclarer les musulmans hors-la-loi.

Encore plus terrible dans ce « système de valeurs » est qu’on fait la différence entre « les bons arrêts de mort », les « bons états d’urgence » les mauvais Turcs – ceux qui ont voté pour Erdogan : il voudrait mieux qu’ils plient bagage et retournent en Turquie – et les bons Turcs qui ont voté NON au référendum – ceux-là, ils pourraient rester et s’intégrer ou s’assimiler. Cependant ils n’ont rien à faire dans l’Union Européenne. Ce serait mieux, bien sûr, qu’ils se convertissaient au christianisme, la religion « de la paix » ! L’Islam est toujours représenté comme symbole de terreur, le christianisme comme symbole de charité et le judaïsme incarne la paix et l’humanisme. La discussion prochaine sur la double nationalité va être le hit aux prochaines élections parce que ça ne concerne que les Turcs allemands, en rien les Israéliens, les Russes allemands ou les ressortissants des pays de l’Union Européenne. Pendant que les Russes opposés à Poutine sont les bons, ceux qui soutiennent Poutine sont marginalisés.

C’est encore pire pour les critiques d’Israël, car il y a à nouveau des bons et des mauvais Juifs en Allemagne. Les critiques d’Israël, les antisionistes ou les défenseurs du mouvement BDS sont maintenant mis en touche dans les médias ou diffamés comme antisémites. Les crimes juifs contre le droit international doivent être occultés à cause de la « relation particulière » avec « l’État Juif » pour que les journées commémoratives hypocrites et les festivités à venir à l’occasion des « 50 ans d’occupation juive illégale de la Palestine » ne soient pas troublées par les soi-disant « Antisémites ». Que Guterres, le Secrétaire Général des Nations-Unies, incite à la lutte contre l’antisémitisme mais interdise un rapport sur la politique israélienne illégale de colonisation de la Palestine, cela discrédite les Nations-Unies et leur Secrétaire Général et révèle une fois de plus l’hypocrisie de l’alliance des valeurs.

Quand à l’occasion de sa visite en Israël le Ministre allemand des Affaires Étrangères Gabriel souligne la « responsabilité historique » de l’Allemagne envers « l’État Juif », c’est-à dire le devoir de s’engager contre l’antisémitisme et pour la dignité humaine, pour la tolérance et pour l’entente entre les peuples, mais que pour ça il veuille justifier les livraisons d’armes à l’occupant sioniste, il y a quelque chose qui ne va pas. L’abîme insondable de la Shoah, cette rupture de la civilisation, ne peut pas être réparé par de nouveaux crimes. D’ailleurs, parmi les un peu plus de 200.000 survivants de la Shoah dans « l’État Juif », plus d’un tiers vit en dessous du seuil de pauvreté. Notez bien: pendant que le régime sioniste ignore les vivants, il préfère instrumentaliser les morts.

Le Ministre des Affaires Étrangères Gabriel écrit dans le journal Berliner Zeitung comment l’Europe et Israël s’engagent ensemble contre le nationalisme et, après les élections en France, fait l’éloge du pluralisme européen au lieu de l’uniformité nationale. Mais pas un mot sur le comportement électoral plus que raciste dans « l’État Juif » où la grande majorité a voté pour le régime d’occupation d’extrême droite. Si la position « pro-israélienne » est la caractéristique de la social-démocratie allemande, cette position partiale n’est plus justifiable aujourd’hui. Gabriel se trompe quand il fait les louanges de la « démocratie israélienne » comme étant un caléidoscope pluraliste. L’Europe et Israël ne luttent pas ensemble avec les mêmes critères moraux et ne se tiennent pas non plus sur la même base de valeurs – ou bien peut-on dire que l’occupation juive illégale de la Palestine représente des valeurs communes?.

Gabriel ne veut pas en faire en drame de ne pas avoir été reçu par le Premier Ministre Nétanyahou. Pourtant cette tentative impertinente de chantage montre très clairement où en sont les relations « particulières »: Des rencontres avec des représentants les organisations non gouvernementales B’Tselem et Breaking the Silence devraient être quelque chose de tout à fait normal dans « l’unique » démocratie du Proche-Orient. Mais dans cet « État Juif » qui a depuis longtemps pris ses distances avec les conventions démocratiques, ce n’est pas possible. Nous connaissons depuis longtemps cette méthode sioniste de diffamation: les critiques sont traités de dénigreurs, de traîtres et d’antisémites. La vice-ministre des Affaires Étrangères Tzipi Hotvely a tout de suite défendu la décision de Nétanyahou car cette rencontre marquerait la « ligne rouge » qu’Israël tire dans sa lutte contre les organisations et les personnes qui veulent diffamer Israël. Entre-temps on ne connaît plus ces ingérences dans le programme de visite d’un invité étranger que dans « l’unique » démocratie du Proche Orient ou dans les dictatures. Inversement, ce serait impossible qu’un gouvernement fédéral allemand se comporte de cette façon avec un invité officiel étranger! Gabriel s’est bel et bien déjà montré « conciliant » en acceptant de repousser la discussion avec les ONG après son entretien avec Nétanyahou.

Quand l’ambassadeur d’Israël en Allemagne Hadas Handelsman considère l’antisémitisme comme « la plus grande honte » et une menace pour le démocratie je contredis: la plus grande honte est que, 72 ans après la libération d’Auschwitz, la journée commémorative de la Shoah soit indignement instrumentalisée pour détourner l’attention des crimes juifs contre l’humanité et pour que les vrais antisémites et la droite s’allient avec « l’État Juif » contre l’Islam!

Je suis de tout cœur d’accord avec la philosophe Judith Butler qui ne conçoit une cohabitation sur pied d’égalité entre les Israéliens et les Palestiniens qu’après le démontage du sionisme politique. Elle considère non seulement la Cisjordanie mais Israël tout entier comme pays occupé car elle considère la fondation de l’État comme illégitime. Oui, nous devons nous défendre contre l’oppression coloniale que le sioniste a infligée au peuple palestinien.

Dans « l’État Juif » plus de 6000 Palestiniens, parmi eux des femmes et plus de 300 enfants, sont actuellement incarcérés dans les prisons israéliennes. Plus de 1600 prisonniers font une grève de la faim pour protester contre les conditions de détention inhumaines et contre la détention administrative.

Nous devons nous opposer au lobby pro-israélien et à ses aides philosémites qui soutiennent cette politique destructive et nous calomnient en nous traitant d’antisémites. Cela devrait devenir l’idéologie des devoirs éthiques juifs antisionistes. Et il faut enfin en finir avec ce reproche abusif d’antisémitisme par « la culture dominante judéo-chrétienne »

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