Sicht vom Hochblauen

Evelyn Hecht-Galinski

Des alliances meurtrieres calamiteuses Evelyn Hecht-Galinski Traduction Christine Reynaud

Des alliances meurtrières calamiteuses

 

Evelyn Hecht-Galinski

Commentaire du 24 octobre 2018

Texte original : http://sicht-vom-hochblauen.de/unheilvolle-moerderische-allianzen-von-evelyn-hecht-galinski/

Traduction : Christiane Reynaud

 

L’affaire Khashoggi n’est que l’aboutissement de ce pays de l’âge de pierre aux dirigeants dictatoriaux, qui se cache sous la technologie la plus moderne, la frime et un lustre inimaginable pour détourner l’attention d’une réalité moins brillante. Cet État qui décapite publiquement les critiques encombrants – et cherche constamment des bourreaux pour cette besogne -, qui emprisonne, réduit au silence ou fait disparaître complètement les critiques du système et les opposants déplaisants, cet État est devenu un partenaire stratégique important pour l’Occident. Et cela grâce à Trump ! Les droits de l’homme ne sont plus que des formules vides pour la communauté internationale hypocrite, souvent évoquées mais classées secondaires. La Maison-Blanche a ouvert toutes les vannes qui ont anéanti les derniers scrupules.

 

Ils sèment la faim par bombes avec l’aide des amis américains

 

Les dirigeants dictatoriaux saoudiens sont en train de commettre un génocide incroyable au Yémen en bombardant et affamant la population avec le soutien actif de leurs amis américains. La situation pendant cette guerre civile qui dure depuis 2014 est telle que les Nations Unies la considère actuellement comme la pire catastrophe dans le monde.

 

Au Yémen, près de 14 millions de personnes sont menacées par la faim et sont à un stade de « près-famine ». Les trois quarts de la population, soit environ 22 millions de personnes, ont besoin de protection et d’assistance ; 8,4 millions de Yéménites ont besoin d’une aide alimentaire immédiate. Plus de 10 000 personnes ont déjà été brutalement tuées. Nous avons appris qu’au moins 29 personnes, mais leur nombre varie jusqu’à 51, principalement des enfants, ont été brutalement assassinées lors d’une attaque de la coalition militaire saoudienne sur un marché à Dahjan, dans la province de Saada. La coalition militaire a bien pris la responsabilité de l’attaque contre un bus transportant des « combattants houthis », mais elle l’a justifiée comme opération militaire « légitime ». Une enquête a été annoncée, mais le Conseil de sécurité de l’ONU a averti que toute enquête doit être „crédible“.

 

Nous savons à quoi ressemble ce genre d’enquêtes internes après des cas similaires chez les nouveaux amis stratégiques de « l’État juif ». Tous les examens finissent en queue de poisson ou bien ce qui est examiné est déclaré « légitime » ou de bon droit.

 

Ce qui est particulièrement surprenant est que l’assassinat bestial de Khashoggi, commis à l’aide d’une scie à os au consulat général de l’Arabie saoudite en Turquie, la victime enfouie en sol turc, attire plus l’attention que le génocide au Yémen. En effet, la brutalité sans scrupule du commando débarqué spécialement pour l’interrogatoire et l’assassinat est sans précédent : ce commando comprenait même un pathologiste compétent pour démembrer le corps et l’enfouir quelque part, aux dernières nouvelles dans le jardin du consulat.

 

Tout est possible dans cette monarchie intrigante

 

La fiancée attendait Jamal Khashoggi à la porte du consulat ; il résidait aux Etats-Unis et écrivait pour le Washington Post. N’aurait-il pas été du devoir des États-Unis d’envoyer immédiatement une commission en Turquie pour enquêter avec les agents turcs ? Imaginons que ce meurtre brutal ait eu lieu dans un consulat turc ou russe. Rappelons-nous du « soulèvement des gens décents » après l’affaire Skripal. Des « preuves » plus que discutables ont immédiatement apparues comme par magie, et même le président russe a été compromis personnellement dans l’affaire. Nous pouvons constater : quand il s’agit de la Russie, toutes les vannes sont immédiatement ouvertes et on n’exclut aucune provocation ou sanction : des manœuvres de l’OTAN aux frontières de la Russie comme pendant la Guerre froide, déclaration de Trump d’annuler le traité INF sur les forces nucléaires à portée intermédiaire et des affaires politiques arbitraires. Peut-on signer des accords avec un président américain aussi peu fiable ? Sûrement pas ! Il en va de même pour la Turquie et pour Erdoğan. Ce pays qui a subit un coup d’État et pris des mesures contre des journalistes n’a certainement pas encore démembré brutalement de journaliste ou opposant politique. Le président Erdoğan s’emploie activement à faire de la lumière dans cette affaire. Lors de sa conférence de presse, il parla clairement d’un meurtre prémédité et exigea l’extradition des personnes impliquées. Actuellement, on met la faute sur dos du prince héritier Mohammed Ben Salmane (MBS) en tant que commanditaire : cet autocrate sans scrupules s’intègre bien dans la structure saoudienne et est prêt à tuer père et mère pour arriver à ses fins. Mais d’autres cercles bien informés disent clairement que le roi lui-même serait le commanditaire de ce meurtre. Tout est possible dans cette monarchie intrigante. Mais dans les médias allemands, c’est Erdoğan qui est « la tête de Turc ».

 

Combien de temps la communauté internationale veut-elle encore regarder l’Arabie Saoudite et Israël déstabiliser le Proche-Orient sans rien faire ?  Nous voyons maintenant en Syrie et au Yémen à quoi cela mène. Alors que l’Arabie Saoudite islamiste et wahhabite finance le terrorisme et les terroristes dans le monde entier et qu’il détruit le Yémen, la paix est, parait-il, impensable en Syrie sans ces bourreaux !

 

« L’État juif », partenaire stratégique en matière de génocide

 

Cela nous amène au partenaire stratégique, l’État juif » qui, lui aussi, soutient les terroristes syriens et fait tout ce qu’il peut pour déstabiliser à jamais le Proche Orient et, de cette façon, cimenter l’occupation illégale et le vol des terres pour l’éternité. Il a commis à Gaza un génocide, un « petit Yémen », et n’a ménagé aucun effort pour empêcher une entente entre les Palestiniens : ainsi la boucle des intérêts est bouclée. Les occupants israéliens en tant « qu’élus » aux buts judaïstes, tentent de poursuivre la judaïsation éternelle de la Palestine, avec un succès grandissant grâce aux États-Unis de Trump, à l’Arabie Saoudite et à l’Égypte. Rien ne doit détruire la petite plante fragile de la nouvelle « Alliance d’amitié ». Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es ! Après tout, ils partagent une hostilité commune avec l’ennemi juré, l’Iran, qui, d’ailleurs, n’a encore jamais attaqué un pays militairement. En effet, cette amitié funeste va maintenant si loin que des échanges ont lieu régulièrement parce qu’Israël considère les Saoudiens sous la domination du prince héritier Ben Salmane – qu’Israël veut à tout prix maintenir au pouvoir – comme la « seule » puissance capable de créer des liens entre des pays et de forger d’importantes alliances utiles à Israël

 

Que les Palestiniens se débrouillent tout seuls ! Israël spécule que les Saoudiens fassent pression sur eux pour les forcer à faire des concessions allant jusqu’au dernier tabou, c’est-à-dire de renoncer à Jérusalem-Est comme capitale d’un État palestinien. Si on lit diverses commentaires du journaliste assassiné Khashoggi dans le Washington Post, on constate qu’il traitait ce sujet déjà depuis un certain temps ! Quoi de mieux pour Netanyahou que cette approbation indirecte à l’occupation illégale ? Grâce à Trump, c’est possible !

 

Y aura-t-il vraiment un changement dans la politique de partenariat stratégique dans laquelle s’est engagée la « communauté de valeurs » occidentale ? Sûrement pas, même s’il y a eu quelques refus de participer au « Davos du désert » saoudien » parce qu’il n’est actuellement pas convenable d’être mis en relation avec l’Arabie Saoudite ou d’apparaître en public sur des photos avec le prince héritier Ben Salmane.

 

« L’alliance occidentale des valeurs » : d’abord la bouffe, ensuite la morale

 

« L’alliance occidentale des valeurs » est elle-même responsable de la situation dans laquelle elle s’est mise, où la bouffe vient avant la morale, et elle essaie de présenter cette attitude comme lutte contre le terrorisme et pour les droits de l’homme. La chancelière allemande et cheffe de la Grande coalition essaie elle aussi avec particulièrement de zèle de satisfaire à ce rôle. Elle, l’ancienne « reine de l’écologie » et actuelle lobbyiste de l’industrie automobile qui est à tu et à toi avec les patrons de cette industrie qui s’adressent à elle dans leurs lettres avec « chère Angela », va-t-elle bientôt l’être aussi avec les patrons de l’industrie de l’armement ? Prend-elle déjà ses dispositions pour son avenir d’ex-chancelière ? Elle qui entretient des relations particulières avec Israël et ne se mêle jamais des affaires « intérieures » de « l’État juif » quand celui-ci est occupé avec des exécutions extrajudiciaires, des meurtres pour maintenir l’occupation ou des attaques contre Gaza et des destructions de villages, puisqu’après tout, cela n’arrive que par pure « légitime défense ». Elle et sa clique du gouvernement ferment les yeux bien fort et continuent d’exporter de l’armement dans ce pays, bien que ces exportations soient interdites vers les États qui s’en servent pour opprimer leur population ou pour violer continuellement et systématiquement les droits de l’homme. Le régime occupant de Netanyahou ne fait rien d’autre !

 

Cette Grande coalition passe outre d’une manière inouïe à sa décision de ne pas livrer d’armes dans les zones de crise et de ne pas autoriser l’exportation d’armement à des pays directement impliqués dans la guerre contre le Yémen. Cela sonnait bien, mais n’est pas entré en vigueur et a été érodé. L’Allemagne a continué allègrement d’exporter de l’armement vers Riyad et est devenue un important fournisseur d’armement pour le monde entier, bien sûr, comme pour l’industrie automobile, dans le souci de préserver de nombreux emplois et de maintenir la croissance économique. Merkel a qualifié l’assassinat de Khashoggi de « monstruosité » et déclaré qu’il n’y aurait pas d’exportations d’armes tant que ce meurtre ne serait pas élucidé. Ce sont les mots de la chancelière qui représente ses « valeurs chrétiennes hypocrites ». Mais on se demande avec inquiétude ce qui va se passer après cette déclaration !

 

Maman Merkel n’oublie pas les travailleurs et essaie toujours de façon presque touchante de faire passer sa politique mensongère pour pragmatique. Qu’importe les guerres, les génocides et les machinations criminelles des constructeurs automobiles, après tout, c’est le contribuable et le citoyen qui doit payer et saigner pour les emplois. En effet, on constate qu’entre-temps lors des élections, les partis soi-disant populaires ne sont plus élus par le peuple. Combien de temps le SPD va-t-il encore participer à ce théâtre minable? Jusqu’à ce qu’il tombe sous la limite des 5%  ? Mais, que peut-on espérer d’une cheffe de parti et de faction Andrea Nahles qui préfère « faire du cheval pour l’Allemagne » et veut prendre une part prépondérante à un cercle parlementaire « Cheval » dont la première réunion doit avoir lieu le 20 novembre : un collègue de la CDU et un collègue du FDP se sont déjà inscrits,. Cette réunion a déjà aussi un « invité d’honneur » : Stefan Aust, l’éditeur du Welt,  pote de Broder à l’époque du St Pauli-Nachrichten et ancien collègue du Spiegel. Le déclin du SPD se poursuivra inéluctablement tant qu’une présidente de ce parti n’aura pas d’autre souci dans cette crise. Pauvre Allemagne !

 

Dimanche 28 octobre, aux élections en Hesse, les électeurs, en votant, ne devraient pas oublier mais prendre note du dernier coup de la chancelière : Merkel a proposé de modifier la loi de protection contre les émissions polluantes pour pouvoir classer l’interdiction de circuler comme « excessive » en cas de léger dépassement du taux. Fidèlement à la devise selon laquelle tout ce qui pollue l’air et ménage l’industrie est permis pendant les campagnes électorales ! Fera-t-elle de même avec les entreprises d’armement afin d’accroître encore l’approvisionnement en armes et les exportations d’armement ? On trouvera une solution pour les réfugiés à venir : on peut déjà retirer les nombreux morts des statistiques, ceux-ci ne viendront plus !

 

La fin de la démocratie approche

 

Si ces alliances meurtrières stratégiques se poursuivent de cette façon, la fin de la démocratie n’est plus loin. Il faut une restructuration fondamentale de la « communauté de valeurs » qui s’oriente vers des valeurs réelles. Mais nous en sommes plus loin que jamais !

 

 

 

Je recommande à mes lecteurs d’écouter l’interview suivante en anglais de mon ami, le professeur As’ad Abu Khalil par Sharmini Peries du « Real News Network » de Baltimore :

https://www.truthdig.com/articles/what-the-mainstream-media-isnt-telling-you-about-jamal-khashoggi/

« Ce que les médias traditionnels ne vous disent pas sur Jamal Khashoggi »

 

 

 

 

 

 

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