La honte eternelle des crimes judeo-sionistes Evelyn Hecht-Galinski Traduction Christiane Reynaud

La honte éternelle des crimes judéo-sionistes

Evelyn Hecht-Galinski

Commentaire du 24 avril 2019

Texte original : http://sicht-vom-hochblauen.de/die-ewige-schande-der-juedisch-zionistischen-verbrechen-von-evelyn-hecht-galinski/

Traduction: Christiane Reynaud

 

Lorsqu’en 2007 j’ai tenu en main la première édition allemande de « Die ethnische Säuberung Palästinas » (Le nettoyage ethnique de la Palestine)  d’Ilan Pappé paru chez l’éditeur Zweitausendeins, et que je l’ai lue, ce fut pour moi un terrible message – un message qui me poursuit jusqu’aujourd’hui -. Il est choquant de lire cette description détaillée des crimes inouïs commis avant et après la fondation de « l’État juif » en 1948, cette brutalité et cruauté incroyables, trois ans seulement après la libération du camp de concentration d’Auschwitz, cela m’a laissée sans voix. Je me suis demandée comment est-il possible qu’un « État juif », des personnes juives, procède avec une telle brutalité, en oubliant l’histoire, au nettoyage ethnique d’un autre peuple, le peuple autochtone, l’expulse de son pays et de ses possessions, l’assassine et l’humilie. Les Juifs avaient-ils oublié ce que signifie humain, avaient-ils perdu le dernier reste de moralité pour agir d’une manière aussi impitoyable ? Croyaient-ils que l’Holocauste justifiait tous les moyens de s’approprier un pays déjà habité, d’ignorer le droit international et de fouler aux pieds les droits de l’homme ?

 

Mieux comprendre le conflit principal du Proche-Orient

 

Le 2 mai, le mois de la Nakba, paraitra enfin la nouvelle édition allemande du classique nommé ci-dessus d’Ilan Pappé chez l’éditeur Westend. Cet ouvrage de référence, bien documenté, d’un historien juif israélien, fils de survivants allemands de l’Holocauste, devrait se trouver dans toutes les bibliothèques publiques, les universités et les écoles. Dans sa critique au Deutschlandfunk, Marcel Pott écrit que  quiconque veut mieux comprendre le conflit principal au Proche-Orient devrait lire ce livre écrit avec passion par Ilan Pappé.

https://www.westendverlag.de/buch/die-ethnische-saeuberung-palaestinas/

en français : https://www.fayard.fr/documents-temoignages/le-nettoyage-ethnique-de-la-palestine-9782213633961

https://www.deutschlandfunk.de/800-000-menschen-entwurzelt-und-531-doerfer-zerstoert.730.de.html?dram:article_id=102921

 

Les descriptions dans le livre de Pappé sont si impressionnantes que l’on est sidéré par ces crimes et la culpabilité, impunis jusqu’aujourd’hui. Les passages du journal de Ben Gourion sur les nettoyages ethniques pratiquement sans résistance, sur le consentement à l’expropriation de la totalité des biens palestiniens volés jusqu’à là, cette arrogance sont atterrants, comme la description de « l’Opération Dani », les attaques et la destruction de la « ville des Mosquées » Lydda et Ramle, l’occupation, les massacres dans les mosquées et les meurtres et pillages qui suivirent. Quiconque a lu ce livre ne reconnaitra plus inconditionnellement le droit d’exister de cet « État juif » et ne se laissera plus impressionner par les mensonges et les mythes tressés autour de la fondation de cet État. C’est pour cette raison qu’il est  important que cet ouvrage, Le nettoyage ethnique de la Palestine, si riche en faits, trouve une large diffusion. Les innombrables et claires descriptions des événements sont difficiles à supporter mais il est très important de les connaître.

 

Ce que craignent les sionistes le plus est la vérité !

 

Rien d’étonnant qu’Ilan Pappé ait été obligé de quitter Israël pour se construire une nouvelle existence et pouvoir enseigner en Grande-Bretagne. Après tout, un historien comme Ilan Pappé est devenu dangereux pour les sionistes et leur lobby dans le monde entier avec cet ouvrage historique scientifique, une documentation de la honte. Ne l’oublions jamais : ce que craignent les sionistes le plus, c’est la vérité !

 

Entre-temps, cette mentalité de dissimulation et d’atteintes à la liberté d’expression affecte également l’Allemagne. Je n’ai pas oublié que, déjà en 2009, la ville de Munich avait empêché Ilan Pappé de parler en public ; j’avais écrit à ce sujet un commentaire : „Die Schleimspur der Unterwürfigkeit gegenüber Israel zieht sich durch alle Parteien“

https://www.freitag.de/autoren/schlesinger/zensiert-munchen-israelkritischen-historiker-ilan-pappe

http://sicht-vom-hochblauen.de/die-schleimspur-der-israel-unterwuerfigkeit-zieht-sich-durch-alle-parteien/

 

Lorsque le 10 mars 1948 à la Maison Rouge de Tel Aviv de « vieux dirigeants sionistes et jeunes officiers juifs ont mis la dernière main à un plan de nettoyage ethnique de la Palestine », le « plan D » (Dalet), le sort des Palestiniens fut scellé. « Le soir même, des ordres ont été envoyés aux unités sur le terrain pour préparer l’expulsion systématique des Palestiniens de vastes régions du pays ». Ce but de judaïsation se poursuit aujourd’hui encore jusqu’à la solution finale. Ce fut, dès le début, l’aspiration idéologique sioniste de n’avoir qu’une population juive en Palestine. Cet État se rapproche de plus en plus de son but final. Il n’y a qu’à voir la loi sur l’État-nation qui vient d’être adoptée : cette nouvelle loi ayant valeur constitutionnelle déclare que « l’État juif » est « l’État-nation du peuple juif » dans lequel seul le peuple juif a le « droit à l’autodétermination nationale ». Cet État s’est ainsi exclu de toute communauté démocratique et s’est complètement retiré dans un apartheid judéo-sioniste.

https://www.swp-berlin.org/en/publication/israels-nation-state-law/

 

Les dirigeants politiques de « l’État juif » ont de moins en moins de scrupules

 

Rien de tout cela n’est vraiment nouveau pour nous qui nous intéressons à la politique et nous consacrons à ce sujet depuis des décennies. Nous connaissons bien les constamment nouvelles idées des dirigeants politiques et des propagandistes de cet État. Ils ont toujours été sûrs, jusqu’aujourd’hui, que, vu la défaillance de la communauté mondiale pendant l’Holocauste, sa culpabilité, sa mauvaise conscience, son remord et son désir de réparation sont si forts, qu’ils ont de moins en moins de scrupules.

 

Lorsque le 15 mai, le jour de la Nakba, de cette catastrophe, sera commémoré pour la 71ème fois, on ne lira ni n’entendra pratiquement rien de la part de la politique et dans les médias sur les fondements véritables pour ne pas égratigner notre « relation spéciale » avec « l’État juif ». Mais cela est exactement le genre de politique dont nous n’avons plus besoin aujourd’hui et qui doit changer rapidement. L’attitude de l’Allemagne doit être révisée d’urgence. Un  État juif et démocratique ne marginaliserait pas non plus les environ 20 % de ses citoyens non-juifs. Sans parler de l’occupation illégale, de la colonisation et de l’expulsion que la communauté internationale critique doucement mais laisse impunie. Tant qu’il n’y aura pas de conséquences, il n’y aura pas de solution de paix. Entre-temps, comme les dernières élections l’ont montré, la paix est devenue impossible parce qu’Israël veut tout sauf la paix ! Et pourquoi donc ? Ils savent bien que la communauté internationale hypocrite et muette est de leur côté ainsi qu’un président américain Trump qui a annoncé qu’il révélera le « plan de paix » de son gendre sioniste Kushner en mai lors de la journée commémorative de la Nakba. De sources bien informées on a déjà appris que le régime de Netanyahou pourra être satisfait. Le principal est que les Juifs soient contents, les Palestiniens, c’est secondaire !

https://www.middleeastmonitor.com/20190404-trump-to-reveal-deal-of-the-century-on-71st-anniversary-of-palestine-nakba/

 

 La ” pureté ” des armes sionistes : une dérision meurtrière

Si on considère à juste titre l’Holocauste comme l’un des plus grands crimes de l’humanité, on ne doit pas permettre de nier les crimes commis en Palestine. Alors que la négation de la Shoah constitue une infraction pénale, la négation de la Nakba est soutenue par l’État. En réalité « l’État juif » est devenu coupable et le mythe de « l’armée de défense la plus morale » ainsi que le slogan sioniste de la « pureté » des armes sont depuis longtemps une dérision meurtrière. J’ai honte quand je vois précisément des survivants de l’Holocauste et leurs descendants nier les leçons de ce passé et justifier l’injustice actuelle par celle d’autrefois. Rien ne justifie l’occupation illégale de la Palestine et la Nakba comme début de l’expulsion ciblée et de l’avilissement du peuple palestinien. Il n’y a pas non plus de monopole juif ni de prétention exclusive à la souffrance et à la sympathie. Les citoyens juifs d’Israël et de la diaspora qui soutiennent activement ou passivement ces crimes, n’ont-ils pas perdu par leur faute et à juste titre toute sympathie ? Les parallèles entre « l’État juif » et le fascisme ne se multiplient-ils pas ? La « deshumanisation » et la judaïsation de la Palestine sont menées avec de moins en moins de scrupules, cela devrait nous inquiéter et nous obliger à réfléchir.

 

L’évolution vers la droite de la société israélienne – Souvenirs du « royaume millénaire »

 

Les dernières élections montrent que la société israélienne penche de plus en plus vers une droite judaïste fasciste. La situation d’ensemble rappelle de plus en plus le « royaume millénaire » qui, contrairement au « royaume sioniste » qui sévit déjà depuis 71 ans, n’a duré que 12 ans. Il est tout à fait clair que « l’État juif » essaie constamment, à l’aide de sa formule de la reconnaissance du « droit d’exister » d’Israël, de faire reconnaître une existence qui n’existe pas selon le droit international et que cet État, construit sur l’injustice et l’expulsion depuis sa fondation sur la base d’un terrorisme d’État, a perdu depuis longtemps. Pendant combien de temps encore voulons-nous défendre les crimes sionistes qui ont été élevés au rang de raison d’État grâce à une politique allemande judéophile nocive ?

 

N’est-il pas compréhensible qu’il y ait aujourd’hui une nouvelle réticence envers les Juifs et « l’État juif » ? On dénigre cette réticence en tant qu’antisémitisme alors qu’elle est en réalité une critique justifiée de « l’État juif, de l’expulsion criminelle et de sa politique d’occupation en violation du droit international. Je ne voudrais en aucun cas sous-évaluer l’antisémitisme d’extrême-droite, au contraire, grâce à mon éducation et à mon passé, je n’ai jamais été « aveugle de l’œil droit » comme beaucoup de politiciens.

 

« Antisémitisme » : Terme de combat – Manœuvre de diversion du lobby pro-israélien

 

Ne s’agit-il pas des mêmes tendances que nous constatons aujourd’hui avec la haine de l’islam, la marginalisation des Musulmans ? Rien n’est nouveau, il suffit de remplacer le mot « Juif ». Il est particulièrement répréhensible que cet antisémitisme touche maintenant les Musulmans, car l’antisémitisme n’est plus qu’un terme de combat et une manœuvre de diversion du lobby pro-israélien pour masquer les crimes de « l’État juif ». C’est aussi la raison pour laquelle précisément le mouvement non-violent BDS est combattu si massivement, parce qu’il met le doigt sur la plaie. La peur juive de l’antisémitisme n’est-elle pas aujourd’hui plutôt l’expression d’une dissimulation juive collective de la culpabilité ? La paix n’est pas possible sans la reconnaissance de la culpabilité et le regret, la reconnaissance de la responsabilité pour l’expulsion des Palestiniens et l’occupation de leur pays, sans le soutien du droit des Palestiniens au retour dans leur patrie, la Palestine, et la fin de l’occupation. Quand cette fidélité inconditionnelle à « l’État juif » va-elle enfin cesser et fera-t-elle place à une nouvelle façon de penser si nécessaire ?

 

Tant que trois militants du BDS – deux juifs et un palestinien – connus en tant que #humboldt3, sont déférés devant le tribunal seulement parce qu’ils luttent pacifiquement contre l’apartheid israélien et pour l’égalité, la justice, la liberté et la dignité des Palestiniens, l’Allemagne est loin d’être une véritable démocratie. Il est de notre devoir à tous de protester contre les crimes d’Israël contre l’humanité et de soutenir ces jeunes militants courageux.

 

La solidarité transnationale est notre devoir – Lutte pour l’égalité et la justice

La déclaration suivante devant le tribunal m’a beaucoup touchée : « Notre activité à l’université Humboldt devrait être appréciée à sa juste valeur car c’est le devoir de tout humaniste de se défendre contre les criminels, particulièrement ceux qui sont impliqués dans des crimes contre l’humanité. Ceci est notre devoir commun en tant que militants pour les droits de l’homme – non seulement en Israël mais aussi en Europe et surtout en Allemagne où nous vivons. Nous, Palestiniens et Juifs qui avons échappé à l’apartheid en Israël, sommes ici en Allemagne pour remplir notre devoir civique et moral de lutter pour la solidarité transnationale, l’égalité et la justice. »

Ils sont venus en Allemagne en tant que citoyens de ce monde dans l’espoir de ne plus être captifs de l’apartheid israélien. Mais ils ont découvert que l’apartheid israélien se répand en Allemagne. Voulons-nous vraiment permettre que des milliers de Musulmans, de Palestiniens et de militants juifs ne se sentent pas en sécurité en Allemagne quand ils prennent la parole et réclament la « liberté pour la Palestine » ou pour lutter pacifiquement pour le droit légal au retour des Palestiniens dans leur patrie occupée? N’est-il pas de notre devoir particulier de défendre et de soutenir ces citoyens et leurs droits ? C’est vraiment typique que pas un journal allemand n’informe sur ce procès.

https://www.middleeasteye.net/opinion/i-am-trial-germany-peacefully-protesting-israeli-apartheid?fbclid=IwAR2NxBDLkWyBSO46AkV1E6eF69kC1y52sAK1yn8WYt34GuCIN5SWluICSJA

La honte éternelle des crimes juifs sionistes crie à la repentance et à l’expiation !

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