Sicht vom Hochblauen

Evelyn Hecht-Galinski

Le debut des strategies guerries sionists de grande envergne Evelyn Hecht-Galinski Traduction Christiane Reynaud

Le début des stratégies guerrières sionistes de grande envergure!

Evelyn Hecht-Galinski

Commentaire du 11 avril 2016

Texte original : http://sicht-vom-hochblauen.de/53472-2/

Traduction : Christiane Reynaud

Lorsque l’écrivain allemand et lauréat du Prix Nobel de littérature Günter Grass publia en 2012 son poème « Was gesagt werden muss » (Ce qui doit être dit) il provoqua une grande vague d’indignation. Il fut attaqué et diffamé sur toutes les pages culturelles des « médias dominants ». Je repense à Grass avec nostalgie. Il manque plus que jamais. Grass avait en effet osé réclamer qu’on ne fournisse plus de sous-marins allemands à Israël et avait prophétisé qu’Israël représentait un danger, que la puissance nucléaire Israël compromettait de toute façon la paix mondiale. Günter Grass, lui, ne voulait plus se taire « parce qu’il en avait assez de l’hypocrisie de l’Occident ».

http://www.sueddeutsche.de/kultur/gedicht-zum-konflikt-zwischen-israel-und-iran-was-gesagt-werden-muss-1.1325809

Grass dénigré comme « croisé contre le peuple juif »

 

Lorsque Grass revint à la charge et ajouta à son recueil de poésie « Eintagsfliegen » (Éphémères) un magnifique poème sur le technicien nucléaire et espion Mordechai Vanunu, il fut dénigré comme « croisé contre le peuple juif ». Günter Grass, lauréat du prix Nobel de littérature et Mordechai Vanunu, lauréat du prix Nobel alternatif, formaient une bonne équipe.

Tous deux s’engageaient en effet pour la paix et ne voulaient plus se taire. Les représailles de « l’État juif » en faisaient aussi des alliés, Grass fut déclaré persona non grata en Israël et Vanunu n’a, jusqu’à aujourd’hui, pas le droit de quitter « l’État juif ».

http://www.zeit.de/kultur/literatur/2012-09/grass-gedicht-israel

 

Je vais chercher si loin parce que ce que Grass avait déjà prédit en 2012 devient de plus en plus probable. Jacob Augstein a été alors l’un des rares journalistes allemands à avoir aidé Grass et avait analysé la relation avec Israël sans ménagement : « Cela devait être dit ».

http://www.spiegel.de/politik/deutschland/jakob-augstein-ueber-guenter-grass-israel-gedicht-a-826163.html

 

Terrible silence sur les crimes de guerre et les massacres

 

Aujourd’hui, en 2018, règne un terrifiant silence sur les crimes de guerre et les massacres de « l’État juif ». Nous voyons comment les hypocrites allemands « des valeurs chrétiennes » alliés aux lobbyistes pro-israéliens soutiennent tout ce que le régime terroriste de Netanyahou fait et trahissent ainsi tout le contenu de la Loi fondamentale allemande.

 

C’est inconcevable que l’armée « la plus morale » de toutes les armées, « l’armée de défense » juive, puisse effectuer en toute impunité des raids aériens sur la base aérienne syrienne de Al Tiyas près de Homs, que deux avions de combat F-15 à l’étoile de David aient lancé des missiles à partir du Liban : trois missiles ont atteint leur cible, cinq ont été interceptés par la défense aérienne syrienne. Cette base syrienne où des Syriens, des Russes et des Iraniens opèrent ensemble, avait déjà été attaquée deux fois auparavant par les Israéliens – sans compter les plus de 100 attaques contraires au droit international sur le territoire syrien. Lors de cette attaque, plus de 14 personnes ont été tuées, parmi elles aussi des Iraniens,

 

Après la déclaration du président américain Trump de retirer les troupes américaines de Syrie, les chaines de télévision israéliennes ont rapporté que Netanyahou n’avait pas réussi à convaincre Trump de renoncer à ce projet. On peut très bien supposer que Netanyahou s’est vengé sur l’ordre de Trump pour l’attaque au gaz toxique dans la Ghouta orientale, soit disant menée par Assad, avec plus de 150 morts.

 

Entre-temps la situation semble avoir changé à nouveau, car Trump a modifié sa décision et a écouté certains conseillers de ne pas retirer les troupes américaines et au contraire de mener une attaque limitée contre des institutions syriennes. Probablement, pas tout seul mais avec l’aide de ses larbins de France et de Grande-Bretagne. Le pire est que si le ministre de la guerre américain Mattis envisage une attaque contre l’armée de l’air syrienne, cela aboutirait à une confrontation directe avec la Russie et l’Iran. Tout s’inscrit parfaitement dans les stratégies de guerre sionistes de grande envergure.

 

Ne semble-t-il pas plutôt que cette prétendue attaque au gaz toxique, immédiatement imputée au régime d’Assad, soit l’œuvre des djihadistes rebelles ? Où sont les preuves pour des armes chimiques que la Syrie avait détruites sous contrôle international, alors que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël possèdent des armes chimiques et des armes de destruction massive et n’hésitent pas à les utiliser ?

 

D’un mensonge de la propagande à un autre

 

Les accusations insoutenables contre la Russie dans « l’affaire Skripal » sont improbables et tout aussi peu prouvées. Le gouvernement britannique s’enlise entre-temps de plus en plus dans des contradictions. Mais des preuves solides de la culpabilité de la Russie manquent. Même les experts en armes chimiques n’ont trouvé aucune trace exploitable qui mènerait à la Russie. Par contre, le gouvernement britannique dirigé par la Première Ministre May et le ministre des Affaires Étrangères Johnson refusent toujours d’impliquer la Russie dans les enquêtes et de respecter les règles de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Aux côtes des alliés de l’Union Européenne, avec une loyauté inconditionnelle, les « suivistes », du ministre des Affaires Étrangères Maas jusqu’à la Chancelière Merkel, nous mènent d’un mensonge de la propagande à un autre.

 

La politique de confrontation de l’Allemagne, représentée par le successeur de Gabriel, le ministre des Affaires Étrangères Maas, se développe clairement. Maas, lors de sa dernière visite dans « l’État juif » s’est révélé être un suiviste de Netanyahou – tout à fait dans la « tradition familiale ».Avait-t-il alors déjà été mis  au courant des plans du régime de Netanyahou ?

 

Le ministre des Affaires Étrangères russe Sergueï Lavrov a qualifié à juste titre le raid aérien israélien( ?) sur la base aérienne « T4 » « d’évolution dangereuse ». Alors que la Russie déclare les Israéliens responsables du raid – ce qui semble d’après les faits très vraisemblable – on peut certainement partir du principe que l’Allemagne et l’UE vont à nouveau se montrer solidaires de « l’autodéfense » juive et ce serait vraiment une évolution plus que dangereuse qui nous mettrait tous en danger et augmenterait le danger de guerre et de terrorisme dans le monde entier.

L’Arabie Saoudite, une partenaire « fiable » pour l’Europe et pour l’Allemagne ?

 

Les politiciens allemands des Affaires Étrangères de la CDU et du SPD font sans cesse preuve d’une compréhension particulière quand il s’agit de « l’État juif ». Le 9 avril, le membre du Parlement fédéral et vice-président de la fraction CDU/CSU Johann David Wadephul a écrit avec le plus grand sérieux dans la rubrique « Fremde Federn » du journal FAZ, sous le titre « Warum wir Riad brauchen » (Pourquoi nous avons besoin de Riyad) qu’on avait besoin de l’Arabie Saoudite en tant que puissance régionale pour résoudre les crises et les conflits, qu’elle cherche des partenaires « fiables » en Europe et que l’Allemagne devrait assumer ce rôle. Nous devrions reconnaître le besoin de sécurité des Saoudiens au Golfe persique et en tenir compte dans « notre » politique. Wadephul minimise le génocide saoudien au Yémen et le qualifie de « talon d’Achille » des Saoudiens. L’Allemagne devrait prendre au sérieux les préoccupations sécuritaires des Saoudiens  par rapport au Yémen et à l’Iran et entamer des « négociations de paix » entre les parties en conflit, ce pourquoi nous aurions besoin de la confiance des Saoudiens.

 

Cela me rappelle beaucoup les « négociations de paix sans conditions préalables » entre Israël et les Palestiniens que l’Allemagne réclame sans cesse et qui restent une triste illusion tant que les occupants juifs colonisent illégalement sans retenue, violent le droit international et poursuivent leurs opérations guerrières et leurs massacres.

 

Cela ne gêne pas vraiment le membre du Parlement et politicien de la CDU Wadephul car il ne pense qu’à la sécurité d’Israël comme pilier central de la politique étrangère allemande et c’est dans cet intérêt que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane se serait prononcé pour le droit d’Israël de vivre en paix dans son propre pays. Ai-je vraiment bien lu : « vivre dans son propre pays » ? Cet « État juif », jusqu’à maintenant sans frontières ni constitution, qui va fêter en mai son 70ème anniversaire, qui s’est construit sur l’expulsion et le vol des terres, la Nakba, la catastrophe du peuple palestinien !  C’est du cynisme quand Wadephul suggère que l’Allemagne devrait soutenir l’Arabie Saoudite à trouver une solution de paix, à garantir le droit d’exister d’Israël et à promouvoir une solution à deux États. En effet, lorsque l’Arabie Saoudite présenta en 2002 un plan de paix avec la reconnaissance d’Israël où Israël devait se retirer dans les frontières de 1967 et reconnaître un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale, Israël refusa déjà. Nous sommes aujourd’hui plus éloignés que jamais de cet objectif – et l’Allemagne, l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis n’y sont pas pour rien ! Comme je l’ai écrit dans mon livre « Da elfte Gebot » (le onzième commandement) : Israël a tous les droits !

 

Israël, l’Etat avec l’influence la plus dangereuse dans la région

 

Si Wadephul est vraiment d’avis que c’est dans notre intérêt commun avec les Saoudiens que l’influence militaire de l’Iran dans la région ne s’étende pas davantage et que cela serait valable aussi pour l’Iraq, la Syrie, le Liban et le Yémen, il oublie de citer les Saoudiens et les Israéliens. Leur influence dans la région est la plus dangereuse de toutes et l’Allemagne ne devrait pas les privilégier davantage. Wasephul considère à juste titre que l’accord avec l’Iran est important et veut œuvrer avec des partenaires de l’UE à un rapprochement « prudent » entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. Quelle naïveté allemande ! Cela montre aussi la confiance qu’il a dans les Saoudiens de vouloir s’engager à tous points de vue dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme. Vu la politique saoudienne, cela ressemble à une triste satire ! Si ce sont là les idées des stratèges allemands de la politique étrangère, on peut constater une fois de plus l’impuissance intellectuelle et dangereuse de cette politique !

Le président chrétien-démocrate de la Commission des affaires étrangères du Parlement Roderich Kiesewetter qui a répété toutes les accusations non prouvées contre la Syrie, la Russie et la Turquie, est du même avis. Lorsqu’il s’agit de violation du droit international, les politiciens allemands oublient malheureusement toujours de citer « l’État juif » et encore plus d’exiger des sanctions contre les amis juifs. Bien sûr, Kiesewetter n’a pas oublié de remarquer que les Européens ont grand intérêt à assurer la protection d’Israël. Il a aussi défendu l’éventuelle attaque militaire israélienne  qui ne fait que démontrer combien l’état de sécurité est précaire pour Israël, notre allié dans le région.

 

Ce fut une interview pleine de rhétorique guerrière agressive qui montre clairement la politique typiquement allemande à l’égard d’Israël qu’elle soutient pleinement. Selon la devise : « La Shoah justifie tous les moyens »

http://www.deutschlandfunk.de/giftgas-einsatz-in-syrien-kiesewetter-cdu-appelliert-an.694.de.html?dram:article_id=415182

 

Dans ce contexte, pas un mot sur le massacre du Vendredi-Saint et les massacres que le régime de Netanyahou commet tous les jours, le jeu meurtrier des occupants que le gouvernement allemand laisse faire en se référant au droit à l’autodéfense. Ce n’est pas la raison d’État allemande pour les forces d’occupation juives qui est sollicitée, mais l’aide allemande et internationale pour mettre fin au blocus contraire au droit international.

 

La situation désespérée au camp de concentration de Gaza

 

La « communauté chrétienne de valeurs » se moque de la situation catastrophique de ceux qui sont enfermés à Gaza, qui ont essayé d’échapper à leur emprisonnement et à leur misère, qui tentent avec leur « Marche du retour » d’attirer l’attention sur leurs conditions de vie insoutenables, ou bien elle en prend note en attribuant la faute au Hamas. Non, ce n’est pas la faute du Hamas. Il soutient la résistance légitime et le droit au retour légal des Palestiniens qui leur est refusé depuis 70 ans. C’est la faute des occupants juifs qui, avec l’aide de l’Egypte et du président des Palestiniens Abbas, ont activement contribué à aggraver la misère en suscitant la pénurie pour prendre le pouvoir à Gaza et éliminer le Hamas – ce qui est tout à fait dans l’esprit de « l’État juif ». Abbas n’a même pas hésité à accuser le Hamas, par l’intermédiaire de son conseiller religieux Mahmoud al_Habbash, de « faire des affaires dans la souffrance et le sang ». Avec ces diffamations, Abbas a parfaitement soutenu la thèse de la propagande israélienne selon laquelle le Hamas enverrait aussi des femmes et des enfants à la frontière et les exposerait au risque d’être blessés ou tués. Abbas s’est ainsi à nouveau montré collaborateur du régime juif d’occupation. C’est honteux, comment cette « bande de Vichy » à Ramallah contrecarre la lutte pour la liberté du peuple palestinien.

 

Les rapports de l’UNO qui mettaient en garde contre l’inhabitabilité prochaine de Gaza et qui exigeaient des changements ont été constamment mis en question. Jusqu’à présent, rien ne s’est passé à Gaza. Les fonds humanitaires promis pour la reconstruction ne sont pas arrivés. Le taux de chômage des jeunes est d’environ 60 %.  Des conditions inimaginables déterminent la vie quotidienne à Gaza. L’approvisionnement en eau potable a été coupé, les stations d’épuration ne fonctionnent plus, l’électricité et l’assistance médicale se sont pratiquement réduites à néant et le désespoir des plus de deux millions de Palestiniens dans le camp de concentration de Gaza est insupportable. Les manifestants sont donc livrés à eux-mêmes et abattus brutalement, sans égard, par les tireurs d’élite de « la plus morale de toutes les armées de défense » qui n’hésitent même pas à tirer sur des photographes de presse et des enfants. Le ministre de la guerre israélien Avigdor Lieberman refuse une enquête indépendante du massacre. Le bilan actuel des meurtres : plus de 30 Palestiniens assassinés et plus de 2800 blessés, comme l’a écrit Dr. Abed Shokry de Gaza. Un appel au secours qui nous glace le sang, qui mérite toute notre compassion et devrait être largement diffusé.

https://faresfalastin.files.wordpress.com/2018/04/dr_abed_schokry.pdf

 

Nous, en tant que société civile allemande, nous devrions enfin nous engager avec des protestations massives et des manifestations pour Gaza et pour une Palestine libre Cela devrait être notre responsabilité allemande et devenir la raison d’État de l’Allemagne !

 Le régime de Netanyahou devant la Cour internationale de justice!

Ce ne sont pas les Palestiniens qui font vivre l’enfer aux occupants juifs. C’est l’inverse. Les Palestiniens n’ont qu’une aspiration, c’est de pouvoir vivre en liberté et dignement dans leur Palestine qui leur a été enlevée il y a 70 ans. La communauté internationale doit enfin reconnaître ce droit à une vie digne d’êtres humains et cesser de mettre les occupants juifs sur un piédestal judéophile comme éternelles victimes après la Shoah – surtout et particulièrement en Allemagne. Gaza a immédiatement besoin d’aide, de navires-hôpitaux, de colis de ravitaillement, de sanctions contre les occupants sionistes et de la fin de fausses exhortations et accusations. Les coupables du régime de Netanyahou, les responsables des massacres doivent être traduits devant la Cour internationale de Justice. Assez parler, il faut enfin agir avant que commence la mise en application des stratégies guerrières sionistes de grande envergure !

 

 

 

 

 

 

 

Evelyn Hecht-Galinski, fille de Heinz Galinski, ancien président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, est journaliste et auteur. Elle écrit régulièrement ses commentaires pour le journal NRhZ depuis le „Hochblauen“, la montagne locale, haute de 1165 m, du pays de Bade, où elle vit avec son mari Benjamin Hecht. (http://sicht-vom-hochblauen.de/). En 2012 a paru son livre „Das elfte Gebot: Israel darf alles“ (Le onzième commandement: Israël a tous les droits) chez tz-Verlag, ISBN 978-3940456-51-9 (print), Prix 17,89 Euro. Le 28 septembre 2014, le NRhZ lui a décerné le quatrième „Kölner Karls-Preis für engagierte Literatur und Publizistik„.

 

 

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