Sicht vom Hochblauen

Evelyn Hecht-Galinski

Le Palestine et les Musulmans – „Home Alone“! Evelyn Hecht-Galinski Traduction Christiane Reynaud

La Palestine et les Musulmans – « Home Alone » !

Evelyn Hecht-Galinski

Commentaire du 30 mai 2018

Texte original : http://sicht-vom-hochblauen.de/palaestina-und-muslime-allein-zu-haus-von-evelyn-hecht-galinski/

Traduction : Christiane Reynaud

 

Peut-on vraiment dissocier le judaïsme, « l’État juif », l’occupation, l’expulsion et le non-respect du droit international ? Plus maintenant ! Et qui est responsable ? La politique que cet „État juif » mène depuis 70 ans ! Un particulièrement mauvais exemple des manœuvres de diversion malhonnêtes qui submergent depuis un certain temps la république, a été l’article d’Annegret Kramp-Karrenbauer, la secrétaire générale de la CDU, dimanche dernier, dans le journal Bild am Sonntag. Ce que Kramp-Karrenbauer a affirmé là est pour moi une menace personnelle. Rien ne peut justifier les dangereuses fausses déclarations et insupportables diffamations de ses quatre thèses qui, à mon avis, n’ont que deux buts principaux : étouffer toute critique de « l’État juif » dans l’œuf et marginaliser les migrants ainsi que les dissuader de venir en Allemagne. Sous le titre „AfD ist Bedrohung für jüdisches Leben“ (L’AfD est une menace pour la vie juive) Kramp-Karrenbauer choisit précisément l’AfD à l’occasion d’une semaine d’actions contre l’antisémitisme, bien qu’elle vise plutôt la campagne BDS, La Gauche et les migrants.

 

L’AfD soutient « l’État juif »

 

Sa thèse n° 1, selon laquelle l’AfD apporte l’antisémitisme dans les parlements, est fausse car l’AfD, comme tous les autres partis représentés au Parlement fédéral, soutient fidèlement « l’État juif », ce qui se manifeste dans ses déclarations solidaires.

https://www.bundestag.de/dokumente/textarchiv/2018/kw17-de-israel/551102

 

Et l’AfD n’est certainement pas une menace pour la vie juive, mais une menace pour tous les démocrates. Un parti qui fonde toute sa légitimité sur la xénophobie, la haine de l’islam et la « teutomanie » représente un danger pour la coexistence multiculturelle pacifique.

 

Quand Kramp-Karrenbauer constate que l’AfD a fait rentrer des « anciens nazis, des néonazis et des populistes de droite » dans les parlements, elle n’a qu’en partie raison. En effet, il y a déjà eu auparavant des anciens nazis et des populistes de droite dans les parlements : ils étaient présents dans tous les partis mais surtout chez les chrétiens-démocrates, les chrétiens-sociaux et les libéraux.

 

Naturellement l’AfD est un parti repoussant qui colporte la haine de l’islam « qui n’a pas sa place en Allemagne ». Ces personnes veulent reconquérir « leur Allemagne » qui n’est pas « mon Allemagne », celle que je me souhaite.

 

Ce sont les caractéristiques principales de l’AfD et de ses dirigeants qu’il faut évidemment combattre. Les discours incendiaires, du genre de ceux de Weidel, von Storch et Gauland, que je croyais révolus, sont redevenus possibles grâce à la politique erronée des partis dominants.

 

Il ne faut pas oublier non plus que le programme de l’AfD ressemble beaucoup à ce que le régime occupant juif pratique déjà depuis des décennies avec succès.

 

La xénophobie et la haine de l’islam sont-ils moins graves quand ils proviennent d’un État qui ne représente le droit que pour les citoyens juifs et où les Palestiniens israéliens n’ont pas les mêmes droits que les citoyens juifs mais sont des citoyens de seconde classe ? Ici, l’AfD veut avoir l’Allemagne rien que pour elle, alors que « l’État juif » poursuit son but d’avoir le « Grand Israël » rien que pour lui, avec la judaïsation comme raison d’État.

 

Je me souviens encore très bien des déclarations du responsable de l’AfD Pretzell qui a dit « Israël est notre avenir » et de celles de beaucoup d’autres responsables qui veulent toujours se ranger du côté d’Israël et des Juifs. « L’État juif » est vraiment considéré comme un exemple à suivre pour sa relation avec l’islam. La manière de traiter les réfugiés en Israël, un État où on emprisonne les réfugiés noirs, où on veut les expulser arbitrairement et ne leur accorde pas d’asile, correspond aussi tout à fait à la politique de l’AfD et d’autres partis européens de droite. Ni Wilders (Pays-Bas), ni Strache du FPÖ (Autriche), ni Marine Le Pen et le Front National (France) ne sont contre « l’État juif ». Au contraire, ils voient en Israël leur allié naturel dans leur lutte contre l’islam – et c’est vraiment une menace ! Voilà encore une fois mon interview avec mon ami Steve Amsel du site DesertPeace :

http://sicht-vom-hochblauen.de/ein-antizionist-in-zion/

 

Colportage de la propagande de la machinerie bien huilée de la Hasbara

 

Kramp-Karrenbauer n’a cependant rien dit dans son article sur ce soutien bien connu de la droite. Au lieu de cela, elle s’en prend à la critique d’Israël. Elle la dénonce comme étant en fait de « l’antisémitisme masqué en critique » et elle fantasme sur des « antisémites de gauche et d’extrême-gauche » qui parlent de soi-disant légitime critique d’Israël mais en réalité renient le droit d’exister d’Israël. Ce colportage de la propagande de la machinerie bien huilée de la Hasbara dévoile le manque réel de connaissances de nos « représentants du peuple » !

 

Venons-en donc au terme de « droit d’exister d’Israël » employé complètement à tort. Dans le droit international, il désigne le maintien d’un État à l’intérieur de frontières internationalement reconnues (!) et la protection contre des attaques de tous genres qui menacent son existence. Tous les États reconnus par les Nations-Unies ont ce droit. Cependant ce « droit d’exister » ne concerne que le plan de partage des Nations-Unies après la déclaration d’indépendance de 1948, résolution 181, qui est valable sur la base juridique de la fondation de l’État. Avec la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations-Unies en 1967, la « ligne verte » a pratiquement été reconnue en tant que frontière de l’État d’Israël. Cependant, aucune de ces conditions ne s’applique aujourd’hui à « l’État juif » qui règne, contrairement au droit international, en tant qu’État juif occupant en expansion, sans frontières fixes définies et sans constitution. A-t-on le droit de reconnaître une « existence » de ce genre et en plus, d’exiger des migrants de reconnaître cette injustice ?

 

Non, conformément à « nos » valeurs qui se basent soi-disant sur la Loi fondamentale, nous n’avons pas le droit de laisser les politiciens allemands cimenter idéologiquement l’occupation illégale de la Palestine, contraire au droit international.

 

 Et pourtant, nous voyons particulièrement cette année que les politiciens et les partis allemands essaient de se surpasser mutuellement dans leur « amour débordant pour Israël » par des déclarations communes, des festivités et de l’activisme aveugle, alors que dans cette euphorie d’Israël, la Palestine doit rester « home alone », abandonnée de tous.

 

De plus, le symbole instrumentalisé des Juifs nationaux religieux, la kippa, doit maintenant aller au Musée Juif de Berlin. Cette « kippa de la discorde » (« Kippa des Anstoßes ») comme on l’appelle à juste titre, est un exemple comment on peut, avec  le mot-clé « antisémitisme », faire de la politique au profit de l’occupant israélien et aux dépens des Palestiniens et des Musulmans. Deux Israéliens se promènent dans le quartier Prenzlauer-Berg de Berlin, l’un, non-juif ( !), avec une kippa et l’autre, juif, avec un portable, pour faire une « expérience » et piéger des antisémites comme preuve que les Juifs sont menacés. En effet, un Syrien arrive et réagit comme souhaité, très en colère, avec une insulte contre ce « symbole de l’occupation juive ». Que fait alors l’Israélien juif ? Au lieu d’appeler à l’aide, il prend des photos pour attirer l’attention, ce qui fonctionne comme prévu. Suivirent des messages de solidarité, des manifestations avec kippa et une sacralisation de la kippa en tant que nouvelle relique allemande, et pour couronner le tout, cette « kippa de la discorde » fait encore son entrée au musée. Il ne me vient rien d’autre à l’esprit que : « dangereuse idiotie » !

https://www.tagesspiegel.de/berlin/nach-vorfall-in-prenzlauer-berg-kippa-des-anstosses-kommt-ins-museum/22608116.html

 

Revenons-en à Kramp-Karrenbauer : elle qui croit représenter l’Allemagne « ouverte au monde » pratique de la marginalisation avec ses thèses. Si la protection ne doit être garantie qu’avec « nos valeurs » sur la base de la Loi fondamentale, je me demande bien si la Loi fondamentale et la dignité humaine sont équitablement représentées quand on exige ce qui n’est absolument pas conforme avec elles ? La raison d’État allemande et la falsification de l’Histoire (selon Norman Paech) en relation avec « l’État juif » aux dépens des Musulmans et d’autres immigrés, ça ne va pas du tout.

 

D’abord, les phrases de Kramp-Karrenbauer empruntées à la hasbara : « La haine des Juifs est prêchée dans les mosquées, propagée par les écrans de télévision et les clips Youtube et pratiquée dans les cours d’école. Si, dans le passé, nous avons prêté trop peu d’attention à ce problème, il va falloir que nous le fassions davantage. Chez ceux qui viennent et ceux qui sont déjà là ». Pour elle, tous les Musulmans sont donc ennemis des Juifs, s’ils ne peuvent pas faire la différence entre les Juifs et Israël ? À qui la faute ? N’entendent-ils pas du matin au soir, comment les Allemands juifs, stimulés par le Conseil central des Juifs, exigent constamment la solidarité avec « l’État juif », ferment les yeux sur les tueries, l’occupation et l’expulsion, réclament des « limites supérieures » pour les réfugiés (président Schuster), et qu’ils sont en plus soutenus par la « politique de valeurs » allemande ? Que peut-il en résulter d’autre que de la marginalisation et du mécontentement ? J’ai l’impression que tout cela est provoqué délibérément pour intimider, répandre la peur et faire taire. Je recommande encore une fois le livre « Muslimischer Antisemitismus » de David Ranan qui décrit ce phénomène de manière très différenciée.

http://dietz-verlag.de/isbn/9783801205249/Muslimischer-Antisemitismus-Eine-Gefahr-fuer-den-gesellschaftlichen-Frieden-in-Deutschland-David-Ranan

 

Diffamation du mouvement BDS en tant qu’antisémite

 

Quand Kramp-Karrenbauer diffame en plus la campagne BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) d’antisémite avec toujours la même FAUSSE accusation que la campagne BDS doit être assimilée au slogan « N’achetez pas chez les Juifs », la limite du supportable est atteinte – elle ne fait que répéter au lieu de s’informer. Car, en réalité, la campagne BDS n’est pas antisémite, elle est un moyen légitime de la société civile que nous tous qui nous engageons pour la liberté de la Palestine, devrions soutenir.

 

Une interview très instructive de Doris Ghannam du BDS de Berlin contribue à une meilleure compréhension et fait honte à Kramp-Karrenbauer pour ses fausses déclarations qui vont, d’ailleurs, très bien avec sa réputation. « Elle se vante même que la CDU soit le seul parti au Parlement fédéral allemand qui s’oppose au mouvement BDS et le qualifie de ce qu’il est : antisémite » ! Mais elle ferait mieux, en tant que secrétaire générale de ce parti « aux valeurs chrétiennes », de s’employer à ce que « l’État juif » mette fin à l’occupation illégale de la Palestine, au lieu de continuer à le soutenir sans réserve et avec véhémence mais avec mauvaise foi.

https://faktenfinder.tagesschau.de/inland/bds-deutschland-101.html

 

La contribution de la CDU à la „semaine d’actions contre l’antisémitisme » qui dure jusqu’au 2 juin, « du sabbat au sabbat », est une action judéophile qui fait honte ! Si j’étais membre de la CDU je démissionnerais de ce parti qui aide lâchement à délégitimer la campagne non-violente du BDS.

 

Heureusement, je ne suis pas et ne deviendrai JAMAIS membre d’un quelconque parti car ils tirent tous plus ou moins sur la même corde judéophile de diversion et de l’intimidation.

http://dipbt.bundestag.de/dip21/btd/19/018/1901850.pdf(6)https://www.bundestag.de/dokumente/textarchiv/2018/kw17-de-israel/551102

 

Le journal Rhein-Neckar-Zeitung informa sous le titre „Israel boykottieren oder nicht“ (Boycotter Israel ou non) sur un congrès du BIB (Bündnis zu Beendigung der israelischen Besatzung = Alliance pour mettre fin à l’occupation israélienne) qui s’est tenu le week-end dernier à Heidelberg. J’ai été sidérée que le président Rolf Verleger ait apporté une justification supplémentaire – et à mon avis, complètement superflue – en faveur du lobby sioniste au sujet de l’incident pour lui « impardonnable » de la kippa : que la kippa « en tant que symbole des nationaux-religieux » « déclenche naturellement la colère des Palestiniens » peut être « une explication mais pas une justification ». Je trouve aussi inacceptable la déclaration du BIB, selon laquelle cette Alliance ne soutient pas officiellement la campagne reconnue non-violente du BDS pour « ne pas s’attirer encore la critique à laquelle on peut s’attendre », selon la devise : « prendre une douche sans se mouiller » ! Je trouve la comparaison de Verleger à ce sujet de mauvais goût : « C’est une bonne chose qu’entre-temps les Palestiniens réclament le BDS au lieu de kidnapper des avions ou de construire des bombes ». Malheureusement, il y a beaucoup de groupes solidaires avec la Palestine qui contestent au peuple palestinien privé de ses droits même le droit à la résistance couvert par le droit international – maintenant même à la résistance non-violente » ! Et je trouve complètement déplacé que ce congrès ait offert un podium à Menachim Klein, un ancien conseiller d’Ehud Barak (ancien ministre de la guerre et Premier ministre), pour ses thèses (de propagande) qui « expliquent Israël ». À quoi cela peut-il bien servir ? À récolter moins de critique ? Qui a de tels amis, n’a plus besoin d’ennemis !

https://www.rnz.de/politik/hintergrund_artikel,-heidelberger-palaestina-konferenz-israel-boykottieren-oder-nicht-_arid,361703.html

 

Israël : une menace constante pour ses voisins et la paix dans le monde

 

En ces temps de souvenir de la Nakba et de l’expulsion de plus de 750.000 Palestiniens à qui « l’État juif » refuse systématiquement depuis 70 ans le droit légitime au retour, ce qui concerne maintenant environ six millions de Palestiniens dans le monde, tenons tous « la clef à la main » comme symbole du retour. Ce but, de même que le droit à l’autodéfense garanti aux Palestiniens par le droit international, ne peuvent être atteints que par un embargo complet sur les armes pour Israël. C’est exactement le contraire qui se produit : avec le soutien des Etats-Unis et de l’Europe, de constamment nouvelles armes de destruction massive sont utilisées, des bombardiers furtifs F35 et des sous.-marins pouvant être équipés d’armes nucléaires : c’est notre contribution pour la « paix » en Palestine qui ne restera qu’une illusion tant que nous soutiendrons cet « État juif » sans condition comme « État menacé de tous les côtés » au lieu de faire la seule chose juste, de reconnaître enfin cet « État juif » pour ce qu’il est : une constante menace pour ses voisins et pour la paix dans le monde, avec des conséquences imprévisibles. Ne laissons PAS la Palestine et les Musulmans « Home Alone » – abandonnés de tous !

 

 

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