Le terrorisme de la surveillance sioniste en ces temps de coronavirus Evelyn Hecht-Galinski Traduction: Christiane Reynaud

Le terrorisme de la surveillance sioniste en ces temps de coronavirus

 

Evelyn Hecht-Galinski

Commentaire du 18 mars 2020

Texte original: http://sicht-vom-hochblauen.de/zionistischer-ueberwachungs-terror-in-zeiten-von-corona-von-evelyn-hecht-galinski/

Traduction: Christiane Reynaud

 

Il y a peu d’États qui, comme „l’État juif“,  essaient de manière si éhontée de désactiver les règles du jeu démocratique, soi-disant pour vaincre le coronavirus.  C’est la meilleure chose qui pouvait arriver à Netanyahou de pouvoir utiliser un virus pour l’assimiler au terrorisme. Il expliqua vite d’où venait ce terrorisme présumé : bien sûr des Palestiniens.

Alors que le régime sioniste n’a négligé aucun effort pendant des décennies pour restreindre par tous les moyens la liberté de mouvement des Palestiniens de la Cisjordanie occupée et de Gaza, pour les faire souffrir aux points de contrôle, pour les isoler complètement à sa guise et pour les priver de tous les droits, le coronavirus arrive juste au bon moment.

« Elément d’une guerre »

Presque comme le président français Macron qui, lundi soir, dans son discours pathétique de « Roi Soleil » a parlé d’une « guerre » contre le virus dans laquelle la France se trouvait, pour justifier de cette manière les mesures draconiennes qu’il annonçait, Netanyahou a parlé d’un « ennemi invisible » contre lequel il se battait en tant « qu’élément d’une guerre » pour vaincre le coronavirus.

Des mesures d’exception permettent de surveiller tous les citoyens suspects

Il est tout à fait compréhensible et important de tout tenter pour limiter la propagation du COVID-19. Toutefois, le choix des moyens détermine ce qui est encore acceptable et compatible avec les normes démocratiques et si un État et ses dirigeants peuvent encore être considérés comme démocratiques. En effet, les mesures d’exception permettent au régime israélien de surveiller tous les citoyens suspects. Jusqu’à présent cela ne concernait pratiquement que les Palestiniens de la Cisjordanie occupée et du camp de concentration de Gaza,  après la deuxième Intifada  par absolument tous les moyens comme les drones, le piratage et le blocage de leurs comptes dans les réseaux sociaux.

État policier sur le modèle orwellien

Avec les  compétences qui permettent une surveillance massive des Israéliens contaminés par le coronavirus et des Palestiniens, Netanyahou a servi de façon éhontée ses propres intérêts pour prendre un peuple en otage et fouler aux pieds les droits civiques. Ce sont des mesures d’exception qui permettent au service de renseignement intérieur Shin-Bet de surveiller les Israéliens contaminés et d’utiliser des moyens technologiques qui ne reculent pas devant l’espionnage, qui permettent de détecter des illégalités, qui ne respectent pas la vie privée ni les cartes de crédit et utilisent des  smartphones  pour espionner avec la plus grande dureté les données de téléphones mobiles, des abonnés, la localisation, les payements et les transaction de toutes espèces,  sans mandat judiciaire, aux fins de  « sécurité nationale ». Les Palestiniens sous l’occupation sioniste connaissent depuis longtemps toutes ces méthodes.  Ne nous faisons pas d’illusions : en dépit d’affirmations contraires, il n’est pas exclu,  si tout fonctionne sans difficultés et se révèle efficace, que cette surveillance totale  transforme « l’État juif » sans obstacle et même sans « état d’urgence » en un « éternel État policier » sur le modèle orwellien.

Les personnes supposées contaminées sont considérées comme des criminels

Sous le couvert de la pandémie, tous ceux qui sont supposés être contaminés sont considérés comme criminels et traités en conséquence. Mais le coronavirus n’est ni une guerre ni une intifada mais un état d’urgence civil qui ne justifie pas la surveillance des citoyens par tous les moyens techniques ni l’intrusion illégale dans leur vie privée. A l’aide de caméras de surveillance dans les rues, le régime a testé depuis des années avec succès l’espionnage des citoyens, non seulement en ligne mais aussi dans la réalité. « L’État juif » n’est pas pour rien le premier pays à avoir admis ouvertement d’utiliser ces technologies. Ce que « l’État juif » célèbre ici n’a qu’un rapport indirect avec la « lutte contre le virus » parce que le citoyen est considéré comme un virus. De même, la tentative de justification échoue lamentablement, malgré la référence au petit nombre d’environ 304 personnes actuellement contaminées sans décès, ce qui ne peut pas vraiment être vérifié.

La majorité des citoyens israéliens rejettent ces mesures qui dépassent tout ce que font d’autres États. Il n’y a pas de grande critique à craindre quand les manifestations et les réunions de plus de 10 personnes sont interdites, quand il n’y a pas de sessions du Parlement (Knesset) et qu’on évite de cette manière toute discussion politique, comme par exemple en Allemagne.

A Taïwan par exemple, on a recouru aussi à la surveillance numérique pour empêcher la propagation de l’épidémie, mais d’une autre façon. Le gouvernement taiwanais a distribué des téléphones spéciaux pour les cas suspects pour éviter la surveillance des téléphones privés des citoyens. Mais Taiwan n’est pas un pays d’occupation qui emprisonne des millions de Palestiniens et les prive de leurs terres et de leurs droits. Peut-on se fier aux promesses faites par le procureur général de n’avoir approuvé cette surveillance qu’à condition que les informations recueillies soient détruites après 30 jours ? Plus que douteux dans un État qui prouve depuis des décennies qu’il est prêt à ignorer les droits démocratiques. Tout rappelle fatalement les méthodes de la Gestapo et de la Stasi.

https://www.middleeasteye.net/news/coronavirus-israel-democracy-fights-its-life-time-netanyahu-spies

https://taz.de/Handyueberwachung-gegen-Corona-in-Israel/!5672043/

Les ennemis encombrants, tous des terroristes

La manière dont Netanyahou profite d’une loi de 2002 qui avait déjà été fortement critiquée lors de son introduction et qui prévoit qu’en cas de « menace de terrorisme, de sabotage, d’espionnage et de révélation de secrets d’État » tout était permis et que toutes les données seraient transférées à grande échelle aux autorités et aux services secrets, est sans précédent. Tout est justifié avec la „lutte contre le terrorisme“. Selon Haaretz, les services secrets sionistes se vantent d’être bien entraînés, grâce à des années de pratique, à faire la distinction entre les „terroristes“ qui mettent la sécurité nationale en danger et les civils „innocents“. Cette farce est un „gag sioniste“ car pour les services secrets et les politiciens israéliens, les Palestiniens, leurs partisans et autres ennemis encombrants sont tous des terroristes.

Netanyahu abuse du virus

Que peut-il donc y avoir de mieux pour Netanyahou, grâce à une surveillance illimitée et au confinement total, que de se présenter comme le vainqueur du coronavirus qu’il veut maitriser comme son ami Trump.  Il abuse donc du virus pour détourner l’attention de son « état d’urgence personnel » et se présenter comme un „faiseur“ indispensable. https://apps.derstandard.at/privacywall/story/2000115828957/mobilfunker-a1-liefert-bewegungsstroeme-von-handynutzern-der-regierung?ref=article

On ne peut pas enfreindre le droit pour commettre des injustices

Si « l’État juif » s’isolait complètement afin de limiter le taux de contamination, il n’y aurait pas lieu de critiquer, mais si tous les droits fondamentaux sont également sapés, cela ne peut pas être justifié.  On ne peut pas enfreindre le droit pour commettre des injustices et, pire encore, de recevoir des louanges et être pris comme exemple à suivre.

Netanyahou, un profiteur de la crise du coronavirus

Que le procès de corruption contre Netanyahou soit reporté en mai à cause du coronavirus est un cadeau du ciel pour Netanyahou et fait de lui un profiteur de la crise. Même si le „chef de l’opposition“ Gantz a été chargé par le président Rivlin de former un gouvernement, cela n’est pas signe de démocratie et d’espoir. En effet, Gantz a refusé de former une coalition avec la Liste judéo arabe unie. De cette façon, et avec ses déclarations sur de nouvelles attaques contre Gaza, son soutien à l’annexion de la vallée du Jourdain pour des « raisons de sécurité » et ses nombreux crimes de guerre, il s’est disqualifié en tant que chef du gouvernement, tout comme Netanyahou. Tous les deux devraient comparaitre devant la Cour internationale de justice de La Haye en tant que criminels de guerre. Il n’est pas accusé de corruption mais il n’est pas non plus un candidat pour la paix : il est un candidat pour l’occupation et les effusions de sang, tout à fait dans la tradition des couleurs »Bleu et Blanc ».

Ici aussi, nous ne pouvons qu’espérer que malgré toutes les mesures draconiennes qui nous attendent dans les prochains mois, la démocratie se maintiendra. D’après le journal Standard, il semble qu’on mise aussi sur les « méthodes de surveillance israéliennes ». Espérons que, cette fois, il n’y aura pas d’ « Anschluss » de l’Allemagne à l’Autriche, comme cela a eu déjà lieu dans le sens inverse.

https://www.sueddeutsche.de/panorama/coronavirus-weltweit-1.4830581

En tant que citoyens allemands et européens, il ne nous reste qu’à nous engager contre le racisme et l’islamophobie et pour la démocratie, la liberté d’expression et nos droits, même en ces temps de coronavirus.

Notre but commun ; restons en bonne santé pour pouvoir continuer de lutter.

 

 

 

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