Sicht vom Hochblauen

Evelyn Hecht-Galinski

Qui detourne le regard, se rend coupable Evelyn Hecht-Galinski Traduction Christiane Reynaud

Qui détourne le regard, se rend coupable

Evelyn Hecht-Galinski

Commentaire du 27 mars 2019

Texte original : http://sicht-vom-hochblauen.de/wer-wegschaut-macht-sich-schuldig-von-evelyn-hecht-galinski/

Traduction : Christiane Reynaud

 

Le 24 mars 1999 a été le jour où les forces de l’OTAN ont commencé à bombarder la république fédérative de Yougoslavie. Ce fut la première guerre non couverte par la clause de défense mutuelle et sans l’accord explicite de l’ONU, avec la participation de l’Allemagne, et ce fut la première mission de combat de troupes allemandes après la fin de la Seconde guerre mondiale, un tournant dans la politique étrangère allemande.

 

Soutien actif d’un gouvernement allemand rouge-vert

 

Cette guerre brutale avec le soutien actif du gouvernement rouge-vert de l’époque a coûté la vie à plus de 15.000 personnes, dont plus de 500 civils. D’après l’Observer britannique, le bombardement soi-disant accidentel de l’ambassade de Chine à Belgrade qui a coûté la vie à trois journalistes chinois a, par contre, été intentionnel.

 

La guerre de l’OTAN n’était pas couverte par un mandat de l’ONU

 

Cette guerre de l’OTAN sous la direction des Etats-Unis, qui a été déclenchée sans être couverte par un mandat de l’ONU a été une violation de la Charte de l’ONU. Il s’agissait d’une violation du droit international à l’encontre de l’article 2 (4) de la Charte des Nations Unies qui stipule : «  Tous les membres doivent s’abstenir, dans leurs relations internationales, de tout recours ou menace de recours à la force dirigée contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un Etat ou incompatible d’une autre manière avec les buts des Nations Unies ». On savait très bien qu’une décision de l’ONU n’était pas possible contre la résistance des Russes et des Chinois.

 

Campagne du SPD et des Verts pour un bombardement sans mandat

 

Déjà à l’époque, Rudolf Scharping, le ministre de la guerre du SPD, s’était trop avancé et avait justifié la guerre « comme prévention d’une catastrophe humanitaire ». Alors que la Russie avait, à juste titre, protesté et critiqué le diktat de force de l’OTAN, et bien que cette guerre ait été très controversée, même au sein des États membres de l’OTAN, ce sont précisément des politiciens allemands, et en plus d’un gouvernement fédéral rouge-vert qui s’était fait passer pour un mouvement pacifiste et de mai 68, qui alors ont fait campagne pour un bombardement sans mandat.

 

Passé d’agressions de l’Allemagne

 

Toutes les allusions au passé de guerre d’agression de l’Allemagne ne comptaient plus pour la coalition rouge-verte. On a essayé par tous les moyens de justifier l’agression, y compris en se référant à des plans de guerre serbes qui n’ont jamais été prouvés et qui nous rappellent aujourd’hui beaucoup les « preuves » falsifiées des Etats-Unis au début de la guerre contre l’Iraq.

 

Dommages collatéraux en relation avec l’Holocauste

 

Les bornes de l’abjection ont été atteintes quand Jamie Shea, le porte-parole de l’OTAN a qualifié les victimes civiles de l’OTAN de « dommages collatéraux » : l’indignation et les appels au cessez-le-feu sont devenus si forts que Joseph Fischer, le ministre des Affaires étrangères des Verts, s’est senti obligé d’employer les grands moyens et d’établir un lien avec l’Holocauste en faisant une comparaison inoubliable et absolument scandaleuse quand il déclara : « Je m’en tiens à deux principes, plus jamais de guerre, plus jamais d’Auschwitz, plus jamais de génocide et plus jamais de fascisme. Pour moi, les deux vont ensemble. »

 

L’instrumentalisation d’Auschwitz et aussi le fait de l’utiliser comme métaphore pour l’extermination d’un groupe ethnique, a été une violation inoubliable et de mauvais goût d’un tabou et elle a ouvert la voie aux imitateurs et profiteurs.

 

J’en viens au successeur du SPD au poste de ministre des Affaires étrangères qui était entré en politique à cause d’Auschwitz et qui, vingt ans après le début de la guerre de l’OTAN contraire au droit international, la considère encore comme juste, de même que la participation de l’Allemagne.

 

Comme Maas l’a déclaré par l’intermédiaire de la dpa, il croit encore que la participation allemande a été la « conséquence d’une action responsable » : »Nous avons vu qu’il y avait eu de massives violations des droits de l’homme » a déclaré le ministre des Affaires étrangères Maas que la violation du droit international a laissé de marbre.

 

L’hypocrite « ministre à cause d’Auschwitz »

 

J’en arrive inéluctablement à Gaza et à la Palestine. Quand on part en guerre avec des mensonges éhontés, il n’est pas étonnant que le « ministre à cause d’Auschwitz » puisse fermer les yeux quand les droits de l’homme et le droit international sont bafoués et foulés aux pieds par les régimes d’occupation sionistes en Palestine illégalement occupée et à Gaza, ce que le laquais allemand rend possible en détournant le regard ! Et un tel ministre des Affaires étrangères aussi hypocrite peut encore se regarder dans la glace sans être rouge de honte !

 

Des roquettes au bon moment

 

Un tir de roquettes en provenance de Gaza qui arriva à nouveau juste « au bon moment » a détruit une maison dans l’agglomération de Tel Aviv et blessé sept personnes dont deux enfants. C’était à nouveau un cri d’alarme désespéré de la bande de Gaza : ne nous oubliez pas dans le camp de concentration ! À qui profitent ces roquettes ? Naturellement au Premier ministre Netanyahou, constamment accusé de corruption, qui est actuellement en campagne électorale. Il annonça déjà qu’il écourtait sa visite aux Etats-Unis chez Trump et renonçait à son discours de propagande devant la plus puissante organisation américaine de lobby pro-israélien, l’AIPAC. Il laissa entendre qu’Israël ne tolérerait aucune « attaque malveillante » sur « son territoire national» d’Israël. Il réagira énergiquement et entreprendra le nécessaire pour la sécurité de ses citoyens. Son ami Trump assura avec empressement « qu’Israël avait le droit à la légitime défense ». Le gouvernement allemand condamna aussi l’attaque sans réserve. Le gouvernement de Merkel a-t-il jamais condamné une attaque ou le génocide à Gaza ? Cette « coalition chrétienne-sioniste » a partialement justifié chaque crime sioniste en soulignant le « droit à la légitime défense » !

 

Le grand chef de guerre et son peuple belliqueux

 

Ainsi, pour Netanyahou, qui occupe également le poste de ministre de la Guerre, la situation sécuritaire est au cœur de la campagne électorale. Ce n’est que comme « chef militaire suprême » qu’il peut se présenter à son peuple belliqueux. Qu’y a-t-il de mieux dans ce contexte que des roquettes du « Hamas islamiste militant » qui arrivent toujours au bon moment, comme sur demande. Qui parle alors encore du rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui accuse « l’État juif » de commettre des crimes contre l’humanité à la frontière de Gaza, avec, rien qu’en 2018, presque 200 tués et plusieurs milliers de blessés par « l’armée de défense juive » ?

 

La marche du retour

 

Des manifestations massives sont de nouveau annoncées pour le 30 mars, premier anniversaire des protestions de la « marche du retour ». Ces manifestants exigent la fin du blocus de la bande de Gaza qui dure depuis 2006, appliqué arbitrairement par « l’État juif » et par l’Égypte et justifié pour des « intérêts de sécurité ». Toutefois, rien ne justifie les crimes contre les droits de l’homme et l’occupation illégale.

 

 Les responsables de crimes de guerre devant la Cour internationale de Justice

Qui va enfin faire expier les crimes de guerre et faire rendre des comptes devant le Cour internationale de Justice de La Haye à ceux qui, d’après la Commission du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, ont assassiné, entre fin mars et fin décembre 2018, 189 Palestiniens et blessé par balles plus de 6000 personnes dont 122 ont dû être amputées ? Ce massacre qui visait des civils qui ne participaient pas à des combats et ne représentaient donc pas un danger imminent, est un crime de guerre qui doit enfin être sanctionné par la communauté internationale avec toutes les conséquences.

Il est donc temps que l’UE ne classe plus le Hamas comme organisation terroriste mais qu’elle le soutienne en tant qu’organisation de résistance dans sa lutte pour la liberté contre l’occupation illégale. Cependant, la réalité montre que les Musulmans/Palestiniens sont toujours considérés comme des terroristes et les Juifs/sionistes toujours comme des « victimes qui ne veulent que la paix ». Cette façon de penser a massivement contribué à la haine contre l’islam dans le monde et a favorisé l’intolérance envers les Musulmans. Les Musulmans sont les Juifs d’aujourd’hui et ils méritent notre protection et notre solidarité quand ils sont attaqués.

Trump a scellé l’alliance avec les « sionistes du peuple élu »

 

Ce n’est pas le Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza qui est coupable de la misère de ce camp de concentration bloqué, mais le régime d’occupation sioniste. Tant que cela n’est pas enfin reconnu, il ne pourra jamais y avoir de solution juste qui, d’ailleurs, ne semble plus être à l’ordre du jour « judéo-chrétien » pour la Palestine. Après sa manœuvre à Jérusalem, Trump a scellé, par son Tweet sur le Golan, l’alliance qui unit les « élus » sionistes » et les chrétiens évangélistes sionistes. Les relations n’ont jamais été aussi bonnes, fanfaronnent Netanyahou et Trump qui se ressemblent tant dans leur façon de « comprendre la démocratie et leurs relations avec les médias ».

 

Arrangement avec les missions de guerre

 

On prétend constamment que la conséquence « positive » de la guerre du Kosovo a été de conférer plus de poids aux droits de l’homme et au droit international et que les politiciens ne peuvent plus se cacher derrière la souveraineté quand ils commettent des atrocités. Quel mensonge ! Rien n’a changé, même si on nous suggère qu’en vertu du droit international, le Conseil de sécurité de l’ONU est aujourd’hui soumis à l’obligation de protéger les populations contre leurs régimes. Mais à quoi ressemble donc la triste réalité, 20 ans après la guerre de l’OTAN au Kosovo, 5 ans après le génocide à Gaza et après les 71 ans de nettoyage ethnique de la Palestine ? La situation s’est aggravée partout dans le monde et la communauté des nations s’est bien arrangée avec les missions de guerre, les ventes d’armement et la surexploitation des ressources.

 

Le devoir d’intervention humanitaire existe mais pas de la manière que l’OTAN l’a prétendu, comme « devoir moral » auquel l’Occident se sent obligé, à l’aide de bombes !

 

La double morale quand il s’agit de « l’État juif »

 

Où est la morale quand il s’agit de « l’État juif » et de son régime d’occupation contraire au droit international? On pratique constamment les deux poids, deux mesures, il faut enfin en finir. Les victimes de l’Holocauste et leurs descendants n’ont pas le droit de tout se permettre parce que la communauté des nations n’a pas empêché l’Holocauste et est intervenue beaucoup trop tard. On ne fait pas une bonne politique avec une mauvaise conscience. Pourquoi les Palestiniens doivent-ils payer pour l’Holocauste et pourquoi n’ont-ils pas été défendus comme les populations des Balkans ? Parce qu’ils ne sont pas importants dans la « guerre froide », dans le conflit entre l’Est et l’Ouest ?

 

Les victimes oubliées de la politique occidentale

 

Pourquoi les ministres des Affaires étrangères Fischer et Maas n’ont-ils jamais appliqué les critères moraux qu’ils ont avancés lors de la guerre du Kosovo ? J’en reviens toujours à Auschwitz : pourquoi ont-ils abusé de ce terme, sans nécessité, mais pas pour la Palestine sous le joug israélien ? C’est précisément pour la Palestine que cette métaphore a sa légitimité. Pas pour les anciennes victimes mais pour les victimes actuelles. Pensons aux opprimés et aux occupés en Palestine et à Gaza qui deviennent de plus en plus des victimes exploitées et oubliées de la politique occidentale. Il devient de plus en plus évident de quoi il s’agit : de la lutte culturelle judéo-chrétienne contre les Musulmans et l’islam.

 

Le « miracle de Pourim »

 

Lorsque le président américain Trump a de nouveau ignoré toutes les règles du droit international et reconnu la souveraineté d’Israël sur le Golan syrien qu’il occupe, les Israéliens juifs ont exulté et parlé d’un « miracle de Pourim offert par Dieu ». Trump, pratiquement en tant que représentant de Dieu, aurait enfin reconnu les liens du « peuple juif » avec cette région.

 

C’était un nouveau cadeau pour la campagne électorale de son ami Netanyahou après la reconnaissance de Jérusalem et le transfert de l’ambassade des Etats-Unis dans la « capitale éternelle et indivisible » de « l’État juif ».

 

Les cadeaux électoraux de Trump

 

Netanyahou qui s’enfonce de plus en plus dans son « marais de corruption » avec accusation prochaine et qui est constamment confronté à de nouveaux reproches, peut maintenant savourer les cadeaux électoraux de Trump qui poursuivent en même temps un but important pour la politique intérieure de Trump, à savoir semer la zizanie dans le parti démocrate et ainsi de faire d’une pierre deux coups.

https://www.sueddeutsche.de/politik/israel-usa-1.4382067

L’affaire du Russiagate de Trump passe au second plan et on ne parle en ce moment de Netanyahou que dans le cadre du Golan et de Gaza : les meilleures conditions pour le 9 avril, le jour des élections dans « l’État juif ». Après sa victoire aux élections, tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes pour Bibi et Sara et ils pourraient baigner dans leur prétendue splendeur s’il n’y avait pas tout ce linge sale que leurs sujets cachent, semble-t-il, volontiers sous le tapis.

 

La formule creuse du « processus de paix »

 

Grâce à Trump, Netanyahou semble se rapprocher de plus en plus de son but de ne plus à avoir à s’occuper de la formule creuse du « processus de paix » et encore moins à devoir faire des concessions sur la question des colonies. Mais en cela, il est d’accord avec la majorité de ses concurrents dans la campagne électorale : les partis Bleu blanc, Shass, Yahadut Ha Torah, Koutanou, la Nouvelle Droite, l’Union des partis de droite et Israel Beytenou qui rivalisent avec leurs idées de droite.

 

Judaïsation et revendication d’un Grand Israël

 

Aucun d’eux ne veut le démantèlement des colonies ni la division de Jérusalem. Qu’est-ce que cela nous montre ? La « paix » que ces politiciens proposent ne révèle que leur refus de paix qui n’a qu’un but : la judaïsation et la revendication d’un Grand Israël mais sans ses autochtones. Depuis combien de temps les politiciens israéliens rêvent-ils de l’annexion de la Cisjordanie et de l’expulsion, baptisée euphémiquement « transfert », vers des États arabes des Palestiniens qui y vivent ? Dans un rapport officiel du Département d’État, le gouvernement américain a déjà rayé – en violation du droit international – le mot « occupées » pour la Cisjordanie et la bande de Gaza. Pour les Palestiniens, les pires craintes deviennent réalité car ils doivent redouter que Trump exauce aussi ces souhaits sionistes de pouvoir. Que va encore rendre Trump possible dans l’avenir ? Rien n’est impossible pour ce dealer qui préfère faire des faux Twitter en toute hâte au lieu de se forcer à de longues négociations qui le déborderaient et le retiendraient aussi de jouer au golf.

 

Pas de « raison d’État » allemande pour « l’État juif »

Combien de temps encore la « si morale » communauté des nations peut-elle détourner le regard devant cette injustice, se rendre à nouveau coupable en Palestine et faire abstraction du fait que la conquête du Golan syrien en 1967 et son annexion en 1981 par Israël qui n’a jamais été reconnue sur le plan international, soient encore en vigueur ? Voyons si le gouvernement allemand qui considère le plateau du Golan syrien comme « territoire occupé » tout à fait en accord ave la résolution 497 adoptée à l’unanimité par l’ONU en 1981, ne va pas se rétracter sous Maas et obéir à tort à ses maîtres de la Maison Blanche et de Tel Aviv ! S’il prend le droit international au sérieux, il serait dans l’obligation de suspendre la « raison d’État » allemande pour « l’État juif ». A mon avis, une « raison d’État » pour un État qui fait si impunément abstraction du droit international et des droits de l’homme, n’est pas compatible avec la Constitution allemande. Alors, combien de temps encore voulons-nous fermer les yeux et nous rendre coupables des crimes d’occupation sionistes en Palestine ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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