Une offre morale! Evelyn Hecht-Galinski Traduction: Christiane Reynaud

Une offre morale!

Evelyn Hecht-Galinski

Commentaire du 1er avril 2020

Texte original: http://sicht-vom-hochblauen.de/ein-moralisches-angebot-von-evelyn-hecht-galinski/

Traduction: Christiane Reynaud

 

Après que 50 anciens politiciens européens de premier plan se soient enfin décidés à critiquer et à signer un appel contre le „plan de paix au Moyen-Orient“ de Trump, il est frappant de constater que tous ces politiciens ne sont plus en activité. Mais au moins, ils ont décidé de prendre ouvertement position contre ce „plan de paix“ après de vives critiques dans toute l’Europe. Quand les collègues en activité vont-ils suivre; reconnaitre les faits, s’en prendre à „l’État juif“ et appliquer les sactions qui auraient été prises depuis longtemps s’il ne s’agissait pas des „amis juifs“!

« Les provocateurs anti-Israël »

La réaction de la part de « l’État juif » en la personne du « maître lobbyiste Manfred Gerstenfeld du Centre d’études stratégiques BESA de l’université Bar Ilan de Tel Aviv suivit sur le champ. Il diffama ces 50 anciens politiciens de premier rang et signataires en les qualifiant de « provocateurs anti-Israël » et certains d’entre eux d’antisémites. Ce sont précisément ces qualificatifs infâmes auxquels nous sommes habitués depuis des décennies de la part des stratèges en chef juifs sionistes. Gerstenfeld exigea, entre autres, une chose absolument inadmissible : il a envisagé un « pilori virtuel pour les élites immorales » où les noms de ces 50 anciens politiciens européens figureraient.  https://www.derstandard.de/story/2000115055526/50-ex-aussenminister-kritisieren-trumps-nahost-plan-weist-merkmale-auf

Ci-dessous les noms des signataires :

Douglas Alexander, ancien ministre d’État pour l’Europe et secrétaire d’État au développement international, Royaume-Uni

Ben Bradshaw, ancien ministre d’État pour le Moyen-Orient, Royaume-Uni

Gro Harlem Brundtland, ancien Premier ministre, Norvège

John Bruton, ancien Premier ministre, Irlande

Micheline Calmy-Rey, ancienne ministre des Affaires étrangères et présidente, Suisse

Ingvar Carlsson, ancien Premier ministre suédois

Włodzimierz Cimoszewicz, ancien ministre des Affaires étrangères et premier ministre, Pologne

Daniel Cohn-Bendit, ancien coprésident du Parti vert européen – Alliance libre européenne au Parlement européen, Allemagne

Joe Costello, ancien ministre d’État au commerce et au développement et président de la commission des affaires européennes, Irlande

Willy Claes, ancien ministre des Affaires étrangères et secrétaire général de l’OTAN, Belgique

Massimo d’Alema, ancien ministre des Affaires étrangères et Premier ministre, Italie

Teresa Patrício de Gouveia, ancienne ministre des Affaires étrangères, Portugal

Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères et Premier ministre, France

Ruth Dreifuss, ancienne ministre des Affaires étrangères et présidente, Suisse

Alan Duncan, ancien ministre d’État pour l’Europe et l’Amérique et ministre d’État pour le développement international, Royaume-Uni

Espen Barth Eide, ancien ministre des Affaires étrangères, Norvège

Jan Eliasson, ancien ministre des affaires étrangères et président de l’Assemblée générale des Nations unies, Suède

Uffe Ellemann-Jensen, ancien ministre des Affaires étrangères et président des libéraux européens, Danemark

Benita Ferrero-Waldner, ancienne ministre des Affaires étrangères et commissaire européenne aux relations extérieures, Autriche

Sigmar Gabriel, ancien ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier, Allemagne

Peter Hain, ancien ministre d’État pour le Moyen-Orient, Royaume-Uni

Lena Hjelm-Wallén, ancienne ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre, Suède

Trinidad Jiménez, ancienne ministre des Affaires étrangères, Espagne

Tom Kitt, ancien ministre d’État, Irlande

Bert Koenders, ancien ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas

Martin Liedegaard, ancien ministre des Affaires étrangères, Danemark

Mogens Lykketoft, ancien ministre des Affaires étrangères et président de l’Assemblée générale des Nations unies, Danemark

Sven Mikser, ancien ministre des Affaires étrangères, Estonie

Per Stig Møller, ancien ministre des Affaires étrangères, Danemark

Holger K. Nielsen, ancien ministre des Affaires étrangères, Danemark

Andrzej Olechowski, ancien ministre des Affaires étrangères, Pologne

Marc Otte, ancien représentant spécial de l’UE pour le processus de paix au Moyen-Orient, Belgique

Chris Patten, ancien vice-président de la Commission européenne, Royaume-Uni

Hans-Gert Pöttering, ancien président du Parlement européen, Allemagne

Jacques Poos, ancien ministre des Affaires étrangères, Luxembourg

Vesna Pusić, ancienne ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre, Croatie

Mary Robinson, ancienne présidente et Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Irlande

Jacques Santer, ancien Premier ministre et président de la Commission européenne, Luxembourg

Karel Schwarzenberg, ancien ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre, République tchèque

Robert Serry, ancien coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Pays-Bas

Javier Solana, ancien ministre des Affaires étrangères, secrétaire général de l’OTAN et haut représentant de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité commune, Espagne

Michael Spindelegger, ancien ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier, Autriche

Jack Straw, ancien ministre des Affaires étrangères, Royaume-Uni

Jack Straw, ancien ministre des Affaires étrangères, Royaume-Uni

Gareth Thomas, ancien ministre d’État pour le développement international, Royaume-Uni

Erkki Tuomioja, ancien ministre des Affaires étrangères, Finlande

Ivo Vajgl, ancien ministre des Affaires étrangères, Slovénie

Jozias van Aartsen, ancien ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas

Frank Vandenbroucke, ancien ministre des Affaires étrangères, Belgique

Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, France

Sayeeda Warsi, ancienne secrétaire d’État aux Nations unies, aux droits de l’homme et à la CPI, Royaume-Uni

« L’affaire Dreifuss »

Gerstenfeld a-t-il pensé dans ce contexte particulièrement à l’ancienne présidente juive de la Suisse, Ruth Dreifuss ? Est-ce que cela rend les Juifs particulièrement „immoraux“ de critiquer « l’État juif » et sa façon de traiter le droit international et les Palestiniens ? N’est-ce pas l’inverse : ces 50 anciens politiciens de premier rang n’ont-ils pas plutôt fait une « offre morale » en faisant remarquer que ce « plan de paix » était contraire aux paramètres convenus sur le plan international pour un processus de paix au Proche-Orient ? Cet exemple ne montre-t-il pas combien il est important de soutenir enfin le mouvement BDS et d’imposer des sanctions contre « l’État juif » ? https://www.infosperber.ch/Artikel/Politik/Trump-Peace-Plan-Palastina-Israel-Ruth-Dreifuss

Grâce à la propagation mondiale du coronavirus, « l’État juif » a réussi à exploiter brutalement les restrictions de déplacement nécessaires pour des mesures d’occupation illégales. En tant qu’État d’occupation, le régime sioniste contrôle tous les mouvements des personnes sous occupation et les postes de contrôle. Sous prétexte de limiter la „propagation“ du coronavirus, la Cisjordanie occupée et le camp de concentration de Gaza ont été complètement verrouillés.

Grâce à ce nouveau verrouillage, le virus permet aux occupants d’annexer une fois pour toutes l’ensemble des terres palestiniennes, tout comme le voulait le régime de Netanyahou et le « plan de paix » de Trump. Les colons juifs peuvent maintenant attaquer plus librement les Palestiniens ; ils vivent sans restrictions particulières dans leurs colonies illégales, à seulement quelques centaines de mètres des Palestiniens enfermés.

Peut-on, dans ces conditions, limiter l’expansion d’une pandémie qui, si elle se répand encore plus vite et plus fort en Palestine occupée, va conduire à une catastrophe ? Quelles possibilités les Palestiniens ont-ils de résister au virus ? Qu’en est-il du système de santé quasi inexistant qui a déjà rendu impossible le traitement adéquat des patients atteints de cancer ou des malades chroniques ? Comme l’a rapporté l’organisation israélienne des droits de l’homme B’Tselem, jeudi dernier, des fonctionnaires de l’administration civile israélienne et des soldats juifs d’occupation ont détruit une clinique rurale et des abris d’urgence dans le village de Khirbet Ibzig. . Les forces d’occupation sionistes ont confisqué des piquets et des bâches destinés à la construction de huit tentes, deux pour une clinique de campagne, deux pour une mosquée et quatre abris d’urgence pour les personnes „évacuées“ de leurs maisons. Une autre „offre morale“ de la part des occupants sionistes sans scrupules, qui privent les Palestiniens du dernier et plus simple moyen de s’armer contre le virus. Ne serait-il pas du devoir du gouvernement allemand et de l’UE de réagir enfin et de mettre un terme à cette activité inhumaine et illégale ?

https://www.palestinechronicle.com/israeli-forcesdemolish-emergency-coronavirus-clinic-for-palestinians/

L’épicentre de l’oppression

Alors que dans « l’État juif », malgré les mesures strictes, environ 3 500 cas infectés sont actuellement enregistrés ; dans les territoires palestiniens occupés, il y en a encore relativement peu, une centaine, avec une tendance à la hausse. Même ce virus n’empêche pas les autorités d’occupation sionistes d’étendre leur politique injuste de verrouillage et de « punition  collective » des Palestiniens. Les colons juifs se comportent avec de moins en moins de retenue comme, par exemple, dans la région de Bethléem, où les Palestiniens vivent sous une stricte quarantaine, et où les colons déracinent leurs arbres, détruisent leurs récoltes  et causent de graves dégâts, en étant sûrs que les Palestiniens ne peuvent pas se défendre et assistent impuissants à la destruction de leurs moyens de subsistance. Les colons sévissent sous la protection de l’armée d’occupation juive. En remerciement, on leur construit leurs propres routes « seulement pour les Juifs » et on leur autorise de nouvelles colonies sur des terres volées. On se sent vraiment à l’épicentre de l’oppression, à qui COVID-19 permet de nouvelles envolées.

Les prisons israéliennes, avec leurs conditions inhumaines, sont également de véritables vecteurs de propagation de virus. Les autorités d’occupation ont rapporté que quatre prisonniers palestiniens ont été contaminés lors d’un interrogatoire par un enquêteur israélien porteur du coronavirus. Le fait que plus de 5 000 Palestiniens, dont des femmes, des enfants, des jeunes et des malades, soient détenus dans des prisons sales, surpeuplées et au mépris de toutes les règles d’hygiène, est une situation intenable. Tous ces prisonniers doivent être libérés immédiatement. Le régime d’occupation est connu pour maintenir les Palestiniens non seulement en détention administrative arbitraire, mais en partie aussi en isolement cellulaire, dans des cellules sales, sans fenêtre et sans lumière du jour, étourdis par de la musique et du bruit, et qu’il ne recule pas devant les pires tortures pour extorquer des « aveux ». Tout cela est connu depuis des décennies, mais toléré et soutenu par la soi-disant communauté occidentale des « valeurs » dans la lutte « contre le terrorisme ». Après tout, les prisonniers sont des „Musulmans arabes palestiniens“, c’est-à-dire des „terroristes potentiels ».

https://www.btselem.org/statistics/detainees_and_prisoners

Il ne reste plus aux Palestiniens prisonniers et sous occupation qu’à lutter désespérément sur deux fronts, contre la pandémie du coronavirus et contre la brutale occupation militaire de « l’État juif ». Nous devons veiller à ce que la crise actuelle du virus ne fasse pas oublier complètement la Palestine et à ce que nous continuions à lutter contre la situation lmentable des Palestiniens qui dure depuis des décennies.

Des lois d’urgence qui conduisent à la fin de l’État de droit

Le grand danger ne doit pas non plus conduire à une situation dans laquelle une surveillance totale, quand elle est intégrée volontairement et pour une période limitée dans une loi d’habilitation, dépasse les limites et en arrive aux conditions israéliennes ou hongroises. Donc, si l’Allemagne prévoit une application pour smartphones pour freiner la propagation du virus, chaque citoyen devrait se demander s’il veut y participer de son propre gré. Mais en ces temps où Facebook, WhatsApp divulguent sans rime ni raison toute intimité, de moins en moins de citoyens sont capables de reconnaitre le danger d’une surveillance totale et d’en évaluer les conséquences. Pouvons-nous vraiment être sûrs que cette „précaution“ sera limitée et ne conduira pas, comme sous Orbán en Hongrie, à un « régime d’urgence » qui prive le parlement de ses pouvoirs et entraîne la fin de l’État de droit ? La Hongrie est tout de même membre de l’UE et Orbán aurait dû être freiné depuis longtemps.  Si Israël veut maintenant aller encore plus loin et utiliser l’analyse informatique pour trouver des porteurs possibles du coronavirus, et cela même à l’aide d’un logiciel qui a été produit par l’entreprise de logiciels d’espionnage NSO contre laquelle le FBI a enquêté parce qu’il la soupçonnait de pirater des entreprises et des citoyens américains et de  recueillir des informations sur des gouvernements, comme l’a rapporté l’agence Reuters en janvier, cela est plus qu’immoral et carrément criminel. L’Allemagne et les autres États de l’UE veulent-ils encore suivre l’exemple de « l’État juif » ? Cette crise mondiale n’est-elle pas un signal d’alarme pour séparer le „bon grain de l’ivraie“ et pour démontrer, en tant qu’État démocratique, comment assurer la sécurité des citoyens sans lois d’urgence ou lois d’habilitation criminelles ? Tout comme Orbán  est devenu une honte pour l’Europe, le régime d’occupation sioniste, ancré dans les contacts et les traités européens, l’a été pendant des décennies.

https://www.middleeastmonitor.com/20200330-israel-to-use-computer-analysis-to-find-likely-coronavirus-carriers/

https://www.spiegel.de/politik/ausland/news-ungarn-coronavirus-usa-markus-soeder-olaf-scholz-a-51098517-286e-447e-8a7e-2761270bebdf

https://www.sueddeutsche.de/digital/coronavirus-smartphone-app-bluetooth-datenschutz-1.4862314

L’important combat contre Covid-19 ne doit pas permettre aux dictateurs et aux tyrans de ce monde de continuer à oppresser brutalement sous prétexte d’empêcher la propagation de la pandémie contre laquelle PERSONNE n’est sûr. Pendant que les meurtres et les morts d’enfants se poursuivent au Yémen, l’Arabie saoudite peut s’exhiber comme leader du sommet parmi les « collègues » du G20, la « rééducation génocidaire » des Musulmans ouïghours en Chine se poursuit librement, de même que la persécution des Musulmans rohingyas en Birmanie, le pogrom meurtrier en Inde contre les Musulmans et la persécution des minorités dans la « plus grande démocratie » du monde. Cela associe l’ethnocratie et « l’unique » démocratie du Proche-Orient à la plus grande car l’Inde vient d’acheter une quantité d’armes à ses amis sionistes pour combattre le  coronavirus.

https://www.middleeasteye.net/news/coronavirus-india-weapons-israel-covid-19-pandemic

Combien de temps devrons-nous encore attendre que les États européens, en particulier l’Allemagne, reviennent enfin à la raison et abandonnent leur politique complaisante à l’égard de « l’Etat d’occupation juive » pour en arriver à une offre morale inspirée par de véritables « valeurs chrétiennes » pour l’avenir après le coronavirus ?

 

 

 

 

 

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