Sicht vom Hochblauen

Evelyn Hecht-Galinski

Une nouvelle perception des nos valeurs „commune“! Evelyn Hecht-Galinski Traduction Christiane Reynaud

Commentaire du Hochblauen

„ Une nouvelle perception de nos valeurs communes“

Evelyn Hecht-Galinski

Commentaire de janvier pour le Daily Sabah

Texte original : http://sicht-vom-hochblauen.de/ein-neues-verstaendnis-fuer-unsere-gemeinsamen-werte-von-evelyn-hecht-galinski/

Traduction : Christiane Reynaud

 

La guerre est toujours une situation effroyable entrainant de grandes souffrances. En effet, l’Allemagne s’occupe à nouveau des soi-disant « crimes contre le droit international » de la Turquie et de la Russie alors que Netanyahou poursuit sa terreur d’État et foule aux pieds le droit international et les droits de l’homme.

 

Alors que les protestations pacifiques et plus que compréhensibles des manifestants palestiniens – après l’incroyable décision de Trump de reconnaître Jérusalem en tant que capitale de « l’État juif » – ont été dénigrées et les manifestants même menacés d’expulsion, on laisse en Allemagne les sympathisants du PKK libres de s’en prendre aux citoyens turcs, comme c’est arrivé récemment à l’aéroport d’Hanovre.

 

Je tiens à préciser que je considère les manifestations de toutes sortes comme importantes et en partie même utiles et je suis contre toutes représailles, mais ce qui se passe actuellement en Allemagne est le résultat de la politique erronée du gouvernement.

 

Ce qu’on trouve « normal » de la part du Conseil central des Juifs ou des Églises chrétiennes est critiqué quand il s’agit de l’organisation turque islamique Ditib, C’est insupportable de voir comment la haine de l’islam est attisée en Allemagne. Je me souviens très bien que lors du génocide de Gaza, les associations juives en Allemagne ont appelé à des manifestations de solidarité et ont prié pour les soldats de l’IDF. Ce n’est sûrement pas le rôle d’une organisation de droit public. Ce qui est toléré en Allemagne de la part des organisations juives et des Églises chrétiennes est critiqué quand cela vient des Musulmans. Les organisations juives s’y connaissent en propagande de guerre mais on ne s’en offense pas en Allemagne philosémite. Nous ne devons pas accepter cela sans contradiction !

 

La haine de l’islam a trouvé une voie inquiétante de se manifester : qui s’y prête le mieux que l’ennemi qu’on s’est soi-même désigné, Erdoǧan ? Il est bien clair qu’on ne doit pas tout soutenir ce qui se passe actuellement en Turquie mais ne l’oublions pas : il n’y a pas longtemps a eu lieu une tentative de coup d’État.

 

Imaginons qu’il y ait eu ici un putsch contre Merkel. Quelles lois d’exception auraient-elles été de mise ici ? Ne peut-on pas comprendre la contrariété du président Erdoǧan quand il voit combien de partisans de Gülen, soupçonnés d’être putschistes, obtiennent le droit d’asile en Allemagne ?

 

Bien entendu, toute personne poursuivie doit avoir le droit de demander l’asile, mais chaque cas individuel doit être examiné à fond pour décider s’il mérite l’asile.

 

Si, d’autre part, des suggestions sont faites pour qualifier les réfugiés musulmans « d’antisémites » et les expulser s’ils ne veulent pas reconnaitre le « droit d’exister » d’Israël, s’ils protestent contre « l’État juif » ou s’ils brûlent des imitations du drapeau à l’étoile de David, il y a quelque chose qui ne va plus dans l’État allemand.

 

Pendant que le Premier ministre israélien Netanyahou est fêté comme rempart contre le « terrorisme islamique », comme vedette de la « communauté de valeurs judéo-chrétiennes », qu’Israël est de plus en plus intégré dans l’UE et récompensé pour ses crimes contre le droit international par un accord de partenariat, on essaie depuis des décennies d’empêcher la Turquie de devenir membre de l’UE.

 

La Chancelière Merkel a joué un rôle particulièrement minable dans ce triste jeu : C’est elle qui a toujours bloqué l’adhésion de la Turquie en évoquant la formule de « partenariat privilégié ». Que veut bien dire « privilégié » quand on n’a pas le droit d’entrer ?

 

Par contre Merkel se sert volontiers de la Turquie comme « preneur de réfugiés ». Y a-t-il un autre pays qui traite les réfugiés de façon si exemplaire ? Sûrement pas!

 

Il suffit de penser à Israël où les migrants africains sont menacés d’expulsion ou de prison. Alors qu’Israël offre un foyer à tous les immigrants juifs en Palestine occupée illégalement, on refuse ce droit de retour légal aux Palestiniens et la communauté internationale garde le silence devant cette injustice.

 

Et même si des affaires d’armement sont en cours avec la Turquie et avec Israël, les deux Etats ne sont pas traités de la même manière. En effet, on ne doit pas sous-estimer le danger quand on livre de l’armement à des États comme l’Arabie Saoudite, Israël ou l’Égypte. Par contre, la Turquie est le seul partenaire de l’OTAN et devrait donc être traité autrement.

 

Naturellement, nous devons nous demander comment la livraison d’armes aux peshmerga, aux extrémistes, aux occupants juifs ainsi qu’à des États aussi douteux que l’Arabie Saoudite et l’Égypte, est-elle compatible avec nos « valeurs démocratiques » car on ne peut pas partir du fait que ces pays se soucient des droits de l’homme.

 

Les armes et les chars allemands sont utilisés déjà de puis longtemps dans des interventions douteuses et exécrables. Il suffit de penser à « l’État d’occupation juif » à qui nous faisons cadeau de beaucoup d’armes financées par l’argent des contribuables. On abuse ici de la raison d’État allemande pour masquer sa propre défaillance. Justement en tant que citoyenne allemande d’origine juive, je me défends contre le philosémitisme, cet « amour exagéré » des Juifs, qui a pris la relève de l’antisémitisme en Allemagne. Ma grande peur est que nous voyons bientôt arriver, non seulement la haine de l’islam, mais aussi la chasse aux critiques d’Israël.

 

L’Allemagne qui parle constamment de sa « responsabilité particulière » en raison de son passé, ne satisfait justement pas à cela, mais se rend à nouveau coupable de soutenir un régime terroriste – et cela, seulement 73 ans après la libération d’Auschwitz. Ne l’oublions pas : ce n’étaient pas les Musulmans qui exterminaient les Juifs mais des Chrétiens allemands qui ont commis ces infamies. Donc, si le fascisme, le racisme et l’apartheid se répandent aujourd’hui en Israël, nous devons résolument y faire opposition. Si les descendants des survivants de la Shoah dans « l’État juif » abusent de ce crime, alors nous devons en tant que descendants de la diaspora nous défendre et crier : « Pas en notre nom ! »

 

Le Président Erdoǧan devrait poursuivre et renforcer son engagement en faveur des intérêts des Palestiniens et faire appel aux Musulmans du monde entier de se ranger aux côtés de ce groupe ethnique poursuivi et oublié. Je souhaite de tout cœur que le monde musulman unisse ses efforts sous la direction d’Erdoǧan pour faire la pression dont la Palestine a besoin pour être libérée de l’occupation illicite.

 

Ce fut un bon début quand le Président Erdoǧan a appelé les crimes de « l’État juif » par leur nom après la décision révoltante du président américain Trump au sujet de Jérusalem. Mais ce n’était qu’un début et une goutte d’eau dans la mer : maintenant nous voulons des faits. Le peuple de Gaza et de la Palestine occupée illégalement attendent une voix puissante et de l’aide.

 

Jérusalem est le symbole de la capitale de la Palestine et c’est ce que toute la communauté internationale devrait enfin soutenir : C’est seulement de cette façon qu’il pourra y avoir une paix juste.

 

Ce ne sera pas la fomentation des ressentiments anti-musulmans qui sera finalement la solution, mais une coexistence fructueuse des religions. L’islam a une longue tradition et ne doit pas être couvert de haine.

 

L’opération « Rameau d’olivier » ne doit pas dégénérer, mais, comme le suggère déjà le symbole du rameau d’olivier, conduire à la paix. Les habitants de la région qui aspirent à la paix et souffrent l’ont mérité.

 

L’Occident devrait considérer le fait que la Turquie s’éloigne de plus en plus de lui comme un avertissement. La Russie, la Turquie et l’Iran devraient devenir nos alliés, et pas des racistes comme le président américain Trump et le Premier ministre israélien Netanyahou.

Nous avons besoin d’une nouvelle perception dans notre lutte pour nos valeurs COMMUNES !

 

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